‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 31 sur 999 · MM · texte numérisé non relu

MM

Eh bien ! que foire?

CATHERIN!.

Est-ce une faible femme comme moi qui peut venir à votre secours, mon 'fils? D'ailleurs, quel pouvoir aurai-je de le faire? c'est vous qui avez puissance et volonté... Du courage, mon fils, ré-

gnez par vous-même; c'est un conseil que voua a souvent donné M. le comte de Saiat-Mégrin, et il est de bon conseil.

■mu.

Oh! ma mère, ma mère! ils me rendront fou, et puis ils diront que je suis incapable de régner. M. de Guise... il y est poussé, ma mère, poussé par madame de Montpensier, parce que j'ai blessé son amour-propre. Oui, j'ai des forces, des moyens. Si mon peuple m'aimait... Mais pourquoi donc mon peuple ne m'aime-t-il pas, ma mère? Je voudrais pourtant bien le rendre heureux; j'y réussirai plus tard. Un cloître... un cloître... ah! ne l'ai-je pas dit tout haut, quand, à mon sacre, ils m'ont posé la couronne sur la tête, que cette couronne me blessait... et quand, deux fois, elle a failli tomber pendant la cérémonie , n'ai-je pas dit encore que c'était de mauvais augure. Un cloître!... Les hérétiques !... Ils me tueront plutôt, ma mère ; je mourrai roi. Ne m'ont-ils pas vu combattre à Jarnac et à Moncontour?Oh! s'il ne s'agissait que de combattre à la tête de ma brave noblesse;... mais il faut ici repousser l'intrigue par l'intrigue, et je le sens, ils sont plus forts que moi.

CATHERINE

Peut-être y aurait-il moyen de tout conjurer, mon fils : mais il faudrait de la résolution. ■enri, hésitant.

Delà résolution?

CATHERINE

Oui, soyez roi, et le due deviendra sujet soumis, sinon respectueux. Je le connais mieux que vous, Henri ; il n'est fort que parce que vous êtes faible ; sous son énergie apparente, il cache un caractère irrésolu... C*estun roseau peint enfer... Appuyez, il pliera.

■ENRI.

Oui, oui , il pliera. Mais quel est ce moyen? Voyons... faut-il les exiler tous les deux? je suis prêt à signer leur exil.

CATHERINE

Non; peut-être en ai-je un autre... mais jurezmoi qu'à l'avenir vous me consulterez avant eux sur tout ce que vous voudrez faire.

■ElfRI.

N'est-ce que cela, ma mère? je vous le jure.

CATHERINE

Mon fils , les serments prononcés devant l'autel sont plus agréables à Dieu.

HENRI

Et lient mieux les hommes, n'est-ce pas? Eh bienJ venez, ma mère, je m'abandonne entièrement à vous. Passons dans mon oratoire.

CATHERINE

Oui , mon fils , passons dans votre oratoire.

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