ALEX» BC1AS
HISTBBSS OBBY.
Tu vois bien que tu penses tout haut et que tu n'es pas seule.
JBlflfY.
Ma mère, j'ai bien envie de pleurer, serait-ce un mal aussi?
HISTBBSS OBEY.
Ah! mon enfant, garde tes larmes! Dieu lésa faites pour des malheurs réels, et avant la fin de sa vie chaque homme trouve l'occasion de verser les siennes.
JBlflfY.
Ma mère, qui peut donc empêcher le bonheur?
HI8TBB8S GBBY.
C'est que chacun le rêve à sa manière, coordonne les événements qui doivent y concourir, croit que te sort se prêtera à ses calculs d'avenir : puis l'avenir vient , et le sort renverse ce château de cartes. Ton bonheur à toi , celui que tu rêves du moins , serait une vie paisible , aux lieux où tu es née, entre tes parents, ayant notre petit domaine pour toute patrie , Richard pour ton époux»
JBlflfY.
Eh bien!
HISTBBSS OBBY.
Eh bien ! mon enfant, nous sommes vieux, nous mourrons.
JBlflfY.
Oh ! ma mère !
HISTBBSS OBBY.
Richard t'emmènera à Londres, et tu quitteras le pays où tu es née.
JBlflfY.*
Partout, partout avec lui !
HISTBBSS OBBY.
Ses occupations politiques vous isoleront l'un de l'autre et chaque jour davantage. Il ne pourra toujours rester près de toi pour te rendre tes parents que tu auras perdus , ton domaine que tu auras' quitté, ta tranquillité que tu ne sauras où reprendre.
JBlflfY.
Maman, mon rêve n'était- il pas le vôtre, et n'avex-vous pas été heureuse avec mon père?
HISTBBSS OBBY.
M. Grey n'était pas ambitieux, Jcnny.
JBlflfY.
Eh bien ! si ce que vous me dites est vrai , ma mère , croyez-vous que le temps de pleurer ne soit pas venu pour moi ?
HISTBBSS OBBY.
Mon enfant , distrais-toi : il y a longtemps que tu ne t'es occupée de dessin?
JBlflfY.
Je n'y fais plus de progrès.
RICHARD DARL1NGT0N.
HI8TBBS8 GBBY.
Ton piano?
JEIWY.
Je sais toutes les sonates que Richard m'a données , et les autres sont trop difficiles.
MISTEBSS CRI Y.
Tu l'aimes plus que tu ne le devrais, mon enfant.
JBlfltY.
J'en ai peur , ma mère !
«STRESS GBBY.
Jenny, quelle folie ! Sais-tu même s'il t'aime, lui?
JEldIY.
Il se croit mon frère, il m'aime comme sa sœur.
■18TBE8S GBBY.
Et si en apprenant qu'il n'est pas ton frère il continuait de t'aimer comme un frère?...
JEUN Y
Ma mère...
MISTBBS8 GBBY.
Si cela était enfin !
JBlfRY.
Oh ! je serais bien malheureuse !
MI8TBBM GRBY.
Tu vois!
JBlfRY.
Ma mère, pressée par vos questions , je vous réponds sans trop savoir ce que je vous dis ; si j'étais seule un instant , si votre présence ne me faisait pas rougir et ne troublait pas toutes mes idées , j'essayerais d'y mettre de l'ordre, et quand je vous reverrais, ma mère, je serais plus calme et probablement plus raisonnable.
M18TBE88 G RE Y.
Eh bien ! mon enfant, interroge ton âme, ne te fie pas à tes forces plus que tu ne crois le pouvoir faire, ne sois pas non plus plus défiante de toi-même qu'il n'est raisonnable de l'être ; songe qu'une fille n'a pas de meilleure amie que sa mère, et que tout se calme dans ses bras, même le remords* Adieu, mon enfant.
JBKWY.
Au revoir, ma mère.