‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 333 sur 999 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JENNY, puis RICHARD.

JEUN Y

Oh ! Richard , Richard ! si ce que dit ma mère est vrai, si tu ne devais jamais m'aimerque comme un frère! Oh ! je le sens là, ce serait trop peu pour mon bonheur. C'est qu'elle a raison, ma mère ; sa

main tremble -t-elle quand il prend la mienne et que je frissonne de tout mon corps , rien qu'en la louchant ; son ccôur bat - il quand le matin ou le soir il pose ses lèvres sur mon front et que je sens mon cœur se gonfler comme s'il allait briser ma • poitrine? Non, il est calme, Richard, toujours calme, excepté quand il parle de ses projets d'avenir : c'est alors que son âme s'allume, que ses yeux s'enflamment ; tout à l'heure l'espoir d'être nommé député ne lui avait-il pas fait oublier jusqu'à mon existence ! A-t-il répondu à mes adieux de la voix ou du regard? Oh ! contre les autres, j'ai la force de le défendre, et contre moi-même, 6 mon Dieu! je sens que je ne l'ai pas. Oh ! c'est lui ; qu'a-t-il donc?

kichard, entrant.

Malédiction !

JEUHY.

Comme il est pâle ! comme il parait agité !

RICHARD

Je n'y pouvais plus tenir ! échouer, et de cette manière! opprobre et dérision... Je ne suis pas Je fils du docteur Grey?

JBifiiY, poussant un cri.

Ah!...

RICHARD

C'est vous, Jenny? saviex-vous cela, que je n'étais pas votre frère?

JBÏfHY.

Je le savais, Richard.

RICHARD

Et vous ne me l'avez pas dit? et le docteur ne me l'a pas dit? et pas un ami ne me l'a dit? Un étranger m'a jeté ce secret à la face comme une injure, et chaque électeur alors de dire : C'est vrai, il n'est pas le fils de monsieur Grey , il ne possède ni nom ni propriétés ; donc, il ne peut représenter des hommes qui ont des propriétés et un nom.

Savez-vous le mien, Jenny ? si vous le savez, ditesle-moi.

4 JBHHY.

Hélas ! non.

BICHABD.

Une seconde fois, Jenny, dites-le-moi, si vous le savez , que je puisse aller me rejeter au milieu de ces insolents bourgeois et leur dire : Moi aussi j'ai un nom connu, et de plus que vous , j'ai une âme qui comprend et un esprit qui pense. Les imbéciles!.... on ne connaît pas sa famille!... le comté est donc bien heureux d'avoir donné naissance à la noble famille des Stilman et des Wilkie ! Oui , je suis étranger au comté ; et qu'importe , si je prête au comté qui m'adopte la force de l'intelligence et la puissance du talent! Je ne possède rien ; non , c'est vrai , je n'ai ni le comptoir de

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