‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 383 sur 999 · ACTE II, SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XIII

éternel obstacle à votre bonheur, et je n'aurai quelque repos, Jenny, que lorsque je vous aurai rendu, avec votre liberté, les chances probables d'un avenir plus heureux.

JENNY

Je vous écoute sans vous comprendre, Richard.

RICHARD

D'ailleurs, ce que je vous propose existe déjà à peu près pour nous avec tous ses maux , et sans que vous puissiez jouir des biens qui s'y rattachent.

JENNY

Parlez , parlez toujours, que je vous comprenne donc... ou plutôt taisez-vous, car je commence à vous comprendre, et c'est affreux !

RICHARD

Tandis qu'une séparation...

JENNY

Encore un mot.

RICHARD

Légale...

Le divorce!

RICHARD

Le divorce...

JUIN Y

Oh! mon Dieu!

Concilie tout.

JUIN Y

Ayez pitié de moi.

RICHARD

Ce mot vous effraye, parce que vous ne le voyez qu'environné de scandaleux débats , de honteuses révélations.

JXNNY.

Je n'ai pas regardé l'arme , j'ai senti le coup.

RICHARD

Le temps le guérira. Vous êtes jeune, Jenny, et un autre amour...

Oh! un autre amour!... profanation! sacrilège! un autre amour! tuez-moi et ne m'insultez pas! du sang , mais pas de honte !

RICHARD

11 n'y a ni sang , ni honte ; de grands mots et de grands gestes ne m'éloignent pas de mon but.

JENNY

Il est atroce... Une union demandée par vous, bénie par mon père et ma mère; l'engagement pris par vous en face de Dieu.... et vous voulez briser tout cela... L'appui sur lequel ils ont compté pour moi en mourant, vous me rotez, enfin vous demandez à un tribunal de rompre ce qui a été lié devant l'autel!

RICIARB.

Eh! vous ne comprenez pas! Un procès! qui vous parle d'un procès... le pourrais-je pour moimême?

JCNNY.

Mais que voulez-vous donc , alors ? Expliquezvous clairement, car tantôt je comprends trop et tantôt pas assez.

RICHARD

Pour vous et pour moi , mieux vaut un consentement mutuel.

JBNNY.

Vous m'avez donc crue bien lâche? que j'aille devant un juge sans y être traînée par les cheveux , déclarer de ma voix , signer de ma main que je ne suis pas digne d'être l'épouse de sir Richard ! Vous ne me connaissez donc pas, vous qui croyez que je ne suis bonne qu'aux soins d'un ménage dédaigné, qui me croyez anéantie par l'absence, qui pensez que je ploierai parce que vous appuyez le poing sur ma tête?... Dans le temps de mon bonheur, oui , cela aurait pu être ; mais mes larmes ont retrempé mon cœur, mes nuits d'insomnie ont affermi mon courage; le malheur enfin m'a fait une volonté : ce que je suis je vous le dois , Richard , c'est votre faute : ne vous en prenez donc qu'à vous. Maintenant à qui aura le plus de courage du faible ou du fort? Sir Richard , je ne veux pas...

RICHARD

Madame, jusqu'ici je n'ai fait entendre que des paroles de conciliation.

JENNY

Essayez d'avoir recours à d'autres; ricrard, marchant à elle.

Jenny !

jenny, froidement.

RICHARD

Malheureuse ! savez-vous ce dont je suis capable?

JENNY

Je le devine.

RICHARD

Et vous ne tremblez pas?

jenny, souriant.

Voyez.

Richard, lui prenant les mains.

Femme !

jenny, tombante genoux de la secousse.

Ah!

RICHARD

A genoux !

jenny, levant les mains au ciel.

Mon Dieu, ayez pitié de lui !

(Elle se relève.)

RICHARD DARLINGTON

BICHABD.

Oh! c'est de vous, c'est de vous qu'il a pitié, car je m'en vais... Adieu, Jenny. .. demandez au ciel que ce soit pour toujours.

jirry, courant à lui, et lui jetant le$ bras autour du cou.

Richard! Richard! ne t'en va pas!

BICHABD.

Laissei-moi partir.

JBHHY.

6i tu savais comme je t'aime !

BICHABD.

Prouvez-le-moi.

jerry.

Ma mère! ma mère!

bichabb.

Voulez-vous?*

JBHlfY.

Tu me l'avais bien dit.

BICHABB.

Encore un mot.

jENirr, lui mettant la main sur la bouche.

Ne le dis pas...

Consens-tu?

Ecoute-moi !

BICHABD.

Page 1