SCÈNE XIII
JENNY, MAWBRAY, entrant.
JENNY
Vous êtes blessé, Mawbray ?
■AWBEAY.
Rien, la balle n'a fait qu'effleurer la peau.
JENNY
Mais que vais-je devenir, moi ? car iJ n'y a plus de doute, il veut se débarrasser de moi. Ma présence en Angleterre le gène ; qui sait même si ma vie ne lui est point à charge...
■AWBEAY.
Jenny, il me restait un dernier moyen d'assurer votre tranquillité, j'hésitais à l'employer : hésiter
RICHARD DARLINGTON
plus longtemps serait presque un crime. Jenny, il y a un secret entre nous deux Richard : son ambition seule vous persécute ; ce secret peut anéantir toutes ses espérances... J'ai tardé longtemps, voyezvous, car je l'aime.
JBHHT.
Et moi, donc !
MAWREAY.
Car j'étais fier de ses succès, car je lui eusse caché ce secret qui met un abîme entre lui et l'avenir, avec autant de mystère que, s'il m'y force, je mettrai de publicité à le lui apprendre. Alors, Jenny, j'espère quëlui-méme s'éloignera de ces affaires politiques qui rejoignent de vous ; alors, Jenny, il faudra lui épargner tous reproches, car il sera à son tour plus malheureux que vous ne l'avex jamais été.
JEltltT.
Oh ! s'il en est ainsi, alors gardez ce secret, et que je sois seule malheureuse I
MAWREAY.
Impossible, Jenny; car vous ne savez pas tout, car votre sort à vous n'est point le seul menacé. Richard est sur le point de devenir aussi mauvais citoyen qu'il a été mauvais époux : car l'influence qu'il a eue sur votre destinée, il peut l'avoir sur la destinée de l'Angleterre.
JENNY
Et ce secret, ce mot que vous lui dires?...
MAWREAY.
Ce mot que Richard seul entendra , ce secret qui restera entre lui et moi changera tout, Jenny, le ramènera à vos pieds, trop heureux de votre amour ; Jenny, vous allez rester ici.
Seule?
MAWREAY.
En passant par le village je vous enverrai Betty.