‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 459 sur 999 · BURIDÀN, MARGUERITE, ORS1NI · texte numérisé non relu

BURIDÀN, MARGUERITE, ORS1NI

■AMcniTi , entrant par une porte mérite, tenant une lampe à la main, à Orsini.

Est-il lié de manière à ce que je puisse m'approcher de lui sans crainte?

oisnti.

Oui , madame.

■Aftaeiurm.

Eh bien! attendez-moi là, Orsini; et au moindre cri soyez à moi.

{Orsini $ort.)

BUUBAlf.

Une lumière! Quelqu'un vient!

babqchitk , Rapprochant.

Oui, quelqu'un ! Ne comptais-tu pas revoir quelqu'un avant de mourir?

bcbidah , riant.

Je l'espérais, mais je n'y comptais pas. Ah ! Marguerite, tu l'es dit : 11 ne mourra pas sans que je jouisse de mon triomphe, sans qu'il sache que c'est bien moi qui le tue. Femme de toutes lés voluptés, à moi , à moi celle-là! Ah! Marguerite , oui ! oui ! j'avais compté sur ta présence , tu as raison.

■ABOUEBITB.

Mais sans espoir, n'est-ce pas? Tu me connais assez pour savoir qu'après m'avoir réduite à la crainte, abaissée à la prière , il n'y a ni crainte ni prières qui me fléchissent le coeur. Oh ! tes mesures étaient prises , Buridan; seulement tu avais oublié que dès que l'amour, l'amour effréné entre dans le cœur d'un homme , il y ronge tous les autres sentiments, qu'il y vil aux dépens de l'honneur, de la foi du serment , et tu as été confier au serment, à la foi, à l'honneur d'un homme amoureux , amoureux de moi , la preuve , la seule preuve que tu eusses contre moi : tiens! la voilà, cette page précieuse de tes tablettes, la voilà ! « Je meurs assassiné de la main de Marguerite. Philippe d'Aulnat. » Dernier adieu du frère au frère, et que le frère m'a remis. Tiens, tiens, regarde! —(Prenant la lampe.) Meure avec cette dernière flamme ta dernière espérance! Suis-je libre maintenant, Buridan? Puisje faire de toi ce que je voudrai?

BCftIDAlf.

Qu'en feras-tu?

■AEOunm.

N'es-tu pas arrêté comme meurtrier de Philippe d'Aulnay?que fait-on des meurtriers?

BCEIDAlf.

Et quel tribunal me jugera sansm'entendre?

■AEQUiaiTE.

Un tribunal ! mais tu es fou : est-ce qu'on juge les hommes qui portent en eux de tels secrets? Il y a des poisons si violents qu'ils brisent le vase qui les renferme. Ton secret est un de ces poisons. Buridan , quand un homme comme toi est arrêté , on le lie comme tu es lié, on le met dans un cachot pareil à celui-ci. Si Ton ne veut pas perdre et son âme et son corps à la fois , à minuit on lait entrer dans sa prison un prêtre et un bourreau; le prêtre commence ; il y a dans cette prison un anneau de fer pareil à celui-ci, des murs aussi sourds et aussi

Page 1