‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 501 sur 999 · LE 8EB6ENT · texte numérisé non relu

LE 8EB6ENT

Le voici.

l'espion.

Donne.

( // se bande les yeux. ) le seeoent le prend par la main et le conduit au

fond du théâtre.

A genoux.

L ESPION

Laisses -moi voir encore une fois le. ciel... — C'est bien. — Je suis prêt.

( A un premier roulement de tambour, les soldats

s'alignent; à un second roulement, ils apprêtent

leurs armes; au troisième, ils mettent enjoué.) Bonaparte, se levant f et d'une voix forte.

Arme au bras. — ( // fait un geste de la main. ) Allez... — ( //* sortent. — Courant à l'espion et lui arrachant le bandeau.) Viens ici. — Ta mort me serait inutile et j'ai besoin de ta vie. Tu es brave. — Eh bien! qu'as-tu?

l'espion.

Rien... Attendez... Un éblouissement , — mes genoux fléchissent. — Laissez-moi m'asseoir.

BONAPAITE.

Tu es brave. — Ta vie touchait par un mot à Téternité. — Je n'ai pas laissé prononcer ce mot; tu me dois donc tous les jours qui te restent, le ciel que tu vois, l'air que tu respires... Tout cela m'appartient. Me consacres-tu tout cela ?

l'espion, se levant, avec solennité.

Éternellement. Et je serai ton valet, ton chien, ton espion enfin. — Eux ne m'ont donné que de l'argent, toi tu me donnes la vie.

bonapaete.

Je te crois, écoute, et viens ici.

l* espion.

Un instant. Je ne serai qu'à toi, je n'appartiendrai qu'à toi? — Tu ne pourras ni me donner ni me vendre?

BONAPAETE.

Non.

l'espion.

Si tu faisais l'un ou l'autre, je redeviendrais libre à l'instant?

BONAPAETE.

Je t'y autorise.

l'espion.

C'est bien. Parle.

BONAPAETE.

Ton laissez-passer du général Hood te rouvre les portes de Toulon ?.„

J'y entrerai et en sortirai à toute heure.

BONAPAETE.

Dans quelle partie de la ville ont été transportées les poudres qui se trouvaient dans ce bâtiment?

l'espion.

Dans les caves d'une maison de la rue Saint-Roch ou Roch, comme ils l'ont appelée.

BONAPAETE.

Eh bien! retournes -y à l'instant même. Au moyen d'une grenade, il faut mettre le feu à ces poudres.

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