SCÈNE V
BONAPARTE seul, puis GASPARIN et JUNOT.
BONAPAETE.
Voilà encore un de ces représentants du peuple.
gasparin, entrant.
Je te cherchais.
BONAPARTE
Me voilà.
GASPARIN
Sais-tu que tu me parais le seul ici qui entende quelque chose à un siège?
BONAPARTE
Dis-tu ce que tu penses?
OASPARIN.
Oui.
BONAPARTE
Eh bien ! tu dis vrai, citoyen représentant.
GASPARIN
Si j'étais le maître, je te chargerais de diriger
tous les travaux... Je l'ai demandé, mais le général en chef et mes deux collègues s'y sont opposés ; ils tiennent à leur plan d'attaque.
BONAPARTE
Ils ont tort.
GASPARIN
Ecoute, il y a déjà' six jours que j'ai écrit au comité. — Je demande le remplacement de Cartaux par Dugommier.
BONAPARTE
A la bonne heure ; avec celui-là nous nous entendrons.
GASPARIN
Je l'attends de moment en moment. — Mais ils ont décidé pour cette nuit l'attaque du fortFaron et de Lartigues.
BONAPARTE
Nous y serons tous écrasés.
GASPARIN
Oses-tu prendre sur toi une grande responsabilité?
BONAPARTE
4 Je ne crains rien.
GASPARIN
Tu commandes l'artillerie ; oppose-toi à ce qu'aucune pièce sorte de cette batterie. — Gagne du temps. Dugommier arrivera; ton plan sera adopté. — Je le crois bon. — S'il réussit, tu es général de brigade, s'il manque, ta tète tombe sur Pécha faud.
BONAPARTE
Pas une pièce d'artillerie ne bougera de place; je prends tout sur moi»
GASPARIN
Mais réponds-tu de tes hommes?
Vois-tu cette batterie : depuis qu'elle est dressée ici, deux cents artilleurs ont été tués sur leurs canons. — Pas un seul n'y voulait faire le service; il y a une heure que j'ai fait mettre cet écriteau avec le titre de Batterie des hommes sans peur. -— Junot!
le sergent junot, s'avançant.
Citoyen commandant?
BONAPARTE
Combien d'hommes se sont fait inscrire pour cette batterie?