ACTE IV, SCÈNE IL
LflfJISSIEB.
Sire, un homme est entré avec le mot d'ordre. — Il dit qu'il faut qu'il vous parle à l'instant même.
NAPOLÉON
Faites entrer. — (Reconnaissant l'espion.) Ah! c'est toi! Eh bien ! qu'y a-t-tt?
l'espion.
Sire,— les ennemis les plus dangereux de Votre Majesté ne sont pas à la frontière.
NAPOLÉON
Parle vite.
l'espion.
Une régence royaliste vient d'être organisée à Paris.
NAPOLÉON
Dans quel but?
l'espion.
De ramener les Bourbons.
NAPOLÉON
Comment le sais-tu?
J'en suis membre.
NAPOLÉON
Quels sont les chefs ?
l'espion.
Voici la liste.
NAPOLÉON
Où se réunit-on?
l'espion.
Au château d'Ussé, en Touraine.
NAPOLÉON
Les Bourbons! les Bourbons ! ils verront , si ja-
mais les Bourbons régnent sur eux!...— Ainsi, ennemi à l'étranger, ennemi au dedans! — du sang sur le champ de bataille, du sang sur la place de Grève : — c'est trop à la fois. — Une victoire peut seule nous sauver; il faut vaincre encore, toujours f — (Écrivant.) Tiens, porte cet ordre à Fouché; qu'il veille sur eux, — mais sans les arrêter... je ne le veux pas. — Sors par ici. Voilà les chefs de la garde nationale. — (Entrent les chefs de la garde nationale.) Messieurs, —je pars avec confiance. — Je vais combattre l'ennemi. — Je vous laisse ce que j'ai de plus cher : l'impératrice et mon fils. — Jurez-vous de les défendre?