SCÈNE PREMIÈRE
ANGÈLE, couchée sur une chaise longue; LOUISE, entrant; pui$ après LA COMTESSE, ensuite HENRI.
ANGELE.
L'avez-vous vu?
lovisi.
Pas encore.
ANGtLB.
A-t-il lu ma lettre, au moins?
LOUISE
Son domestique la lui a remise quand il est rentré cette nuit.
ANGELE.
Oh ! me laisser ainsi depuis trois jours ! Alfred ! Alfred!
LOUISE
Voici madame...
ANGÈLE
Chut ! . . . retirez- vous ! . . .
la comtesse, ouvrant ta porte.
Puis-je entrer?
ANGELE.
Oui, ma mère.
LA COMTESSE
Eh bien, comment te trouves-tu?...
ANGÈLE
Très-bien, maman...
LA COMTESSE
Tu ne veux donc pas me dire ce que tu as?...
ANGELE.
Mais que voulez-vous que je vous dise, ma mère, je n'ai rien... .
(Elle essaye de se relever et retombe.)
LA COMTESSE
Vois... Oh ! tu me caches quelque chose...
ANGELE.
Moi, moi... rien, oh ! rien, je vous jure.
Si, tu as quelques chagrins, dis-les-moi
Voyons, doulcs-tu de mon amour ?
ANGÈLE
AHGÈI.E.
Je serais bien malheureuse, ma mère, si j'en doutais!...
Mais je puis douter du tien, moi... Voilà trois jours que tu es souffrante et que, malgré mes prières, tu refuses de voir un médecin... Tu veux donc x mourir? •
ANGÈLE
Ma mère...
LA COMTESSE
Écoute... Je comprends ta répugnance pour un médecin étranger..., pour un homme que tu ne connaîtrais pas. Mais... pour un ami...
ANGÈLE
Que voulez-vous dire ?
LA COMTESSE
Si monsieur Henri, par exemple...
ANGÈLE
Henri Millier...
LA COMTESSE
Oui, il est à Paris.
ANGÈLE
Oh ! monsieur Henri... Oh ! lui moins que tout autre...
LA COMTESSE
Je lui ai écrit.
ANGÈLE
De venir?
LA COMTESSE
Oui.
ANGÈLE
Oh!
LA COMTESSE
Çt...
ANGÈLE
Et... et... il est là, n'est-ce pas?.... Voilà ce que vous voulez dire.
LA COMTESSE
Eh bien, oui.
ANGÈLE
Ma mère, ma mère, au nom du ciel !
LA COMTESSE
Mais il existe donc quelque chose, quelque chose que tu ne peux pas avouer... Mais que veux-tu que je suppose alors?... Voyons.
angèle, $' affaissant.
Rien..., rien..., rien.
LA COMTESSE
Ainsi tu consens !
ANGÈLE
Faites tout ce que vous voudrez, ma mère.
la comtesse, allant à In porte.
Monsieur Henri... venez...
henei, entrant.
Madame.
LA COMTESSE
J*ai obtenu d'elle qu'elle vous voie. Oh ! je vous la recommande, monsieur Henri, c'est mon enfant chérie, voyezi-vous... Oh! vous me répondez d'elle.
HBITEI.
Est-elle donc si souffrante?
Je ne sais ce qu'elle a Tâchez de découvrir
son secret , si elle en a un. Parlez-lui connue on parle à une sœur.... Je vous laisse avec elle, pour que vous soyez plus libre.... Devant moi.... Je ne sais qu'imaginer. Vous comprenez.... enfin, monsieur Henri... Tout, tout... faites tout pour elle.
MENEI.
J'ignore si je puis quelque chose, madame ; mais je suis bien entièrement à vous...
LA COMTESSE
Je vous laisse... j'attendrai chez moi. Venez me trouver après l'avoir quittée; aussitôt après, je vous prie...