ALFRED, DOMINIQUE
(Dominique lit les journaux. — Alfred entre par le fond.)
ALFRED
Dominique, rien de nouveau ?
DOMINIQUE
Non, monsieur.
ALflED.
Personne n'est venu?
DOMINIQUE
La femme de chambre de mademoiselle Angèle, voilà tout. Elle venait vous supplier, de la part de sa maltresse, de passer chez elle.
ALFRED
C'est bien. (Dominique se retire dans la première antichambre.) — Pauvre enfant!... Quelle
fatalité maudite pèse sur elle ! Il y a des moments où je suis prêt à tout dire à Ernestine et à faire un appel à son cœur. Mais le secret d'Angèle au pouvoir de cette femme, c'est impossible. Il y en a d'autres où je suis prêt à me jeter aux pieds de madame de Gaston, à lui tout avouer, au risque de perdre tout avenir. Toutes ces choses, qui tout à coup ont tourné ainsi, et qui jusque-là n'avaient eu pour dénoùment que quelques larmes, suivies d'un prompt oubli... Cette enfant qui est là, qui souffre, qui me demande et que je n'ose plus voir... Je lui écrirai, j'écrirai à sa mère. Je lui dirai tout, et quand ma position sera fixée je réparerai tout. — Madame de Gaston me pardonnera ; ses protections sont presqu'aussi puissantes que celles d'Ernestine. — Mais partons d'abord, partons.
DOMINIQUE
Monsieur?
ALFRED
Quoi?
ANGÈLE
BOIHIIQCI.
Le chasseur de madame de Varcy.
li cbassici, entrant.
De la part de madame la marquise.