‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 689 sur 999 · ACTE I, SCÈNE Y · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE Y

pensées se détachent du ciel pour retomber sur la terre.

BTHELWOOD.

Très-bien, maître!:.. Mais Sa Grâce m'a dit que vous ne tous contenties pas seulement de faire des toux pour elle , mais que votre dévouement allait encore jusque tenter d'accomplir les siens, manie.

J'ai mis aux ordres de Sa Grâce la faible science que m'a donnée l'étude. Il peut en disposer selon sa volonté royale.

ETHELWOOD.

Pourvu que sa volonté royale mette à son tour à ta disposition , n'est-ce pas, tout l'or dont tes mains damnées ont besoin pour accomplir l'œuvre que tu poursuis.

FLEMlïfft.

Ce n'est qu'en décomposant que l'on parviendra

à composer El lorsque l'homme aura surpris

le secret de Dieu, il sera aussi puissant que lui !... M ilord , je suis bien près d'arriver à un grand résultat!...

ETBEVWOOB.

Et il te faut pour cela des ruisseaux d'or, n'estce pas?... comme il faut des rivières aux fleuves, et des fleuves à l'Océan.

FLBJUNO.

11 m'en faut beaucoup.

■TtfBLWOOB.

Et crois-tu en avoir assez de ce que te donnera Henri pour lui avoir trouvé une femme jeune, belle et vertueuse?...

rumina.

Oui, car alors toutes les fois que je frapperai le trône de ma baguette , comme Moïse le rocher, au lieu d'une J'en ferai jaillir deux sources.

BTBELW00B.

Et ta soif de l'or t'a empêché de calculer les chances auxquelles tu exposais ta tète , en l'engageant dans une négociation aussi hasardeuse que celle d'un mariage avec Henri, qui, sur quatre femmes, en a déjà fait répudier deux et exécuter une. rumina,

J'ai suivi la voix de mon dévouement , qui me disait : Fais cela.

bvbhlwoob.

Et celle de la prudence ne t'a point rappelé la disgrâce de Volsey et celle de Norris?

FLEMIKG.

Monseigneur, les choses n'auront point cette fois une issue aussi fatale.

BTBE1W00D.

Et qui te Ta dit?

FLEU1WG.

La science.

BTBELWOOB.

Eh bien ! la science en a menti , savant Fleming!

FLEMIHG.

Comment?

ETHETWOOB.

Ce mariage ne peut se faire !...

FLEMIffG.

Pourquoi?

BTHELWOOD.

Parce que celle que tu as choisie pour base de tes calculs... Catherine...

FtiuntG.

Eh bien?...

BTHELWOOD.

Celte jeune fille que tu veux faire épouser au roi, Catherine Howard, n'est-ce pas?

FLEMIRG.

ITHELWOOD.

C'est ma femme !

flemirg.

Miséricorde ! je suis perdu !...

ETIELWOOB.

Oui, Fleming, tu es perdu!.... car tu connais la loi qu'a fait rendre Henri après la mort d'Anne de Boule n?...

rame. '

Je la connais...

KTHLW0OD.

Loi qui traîne sur le même échafaud et la reine qui n'a pas avoué être indigne du roi, et quiconque a prêté la main à ce mariage... Ah! tu lui as promis une fiancée jeune, belle et vertueuse?.... Catherine est jeune, belle et vertueuse ; mais crois-tu que le juge de Catherine d'Aragon et le bourfeau d'Anne de Boulen, se contente de cette vertu-là ?

FLBUIRG.

Mais vous lui avouera tout, milord, et il pardonnera.

Oui, et comme gage de pardon, il fera de la duchesse de Dierham une dame d'honneur de la princesse Marguerite, et il enverra le duc faire la guerre dausles Higlands... Non pas, Fleming, non pas.

FLUITIG.

Oh! monseigneur! monseigneur!... ayes pitié de moi !

BTHELWOOB.

Pitié de loi, malheureux?... de toi, qui, par ton imprudence , viens de briser l'espoir de toute ma vie!... pitié de toi, qui viens de tirer un voile noir sur mes jours les plus dorés... Et de moi, de moi, mon Dieu ( qni donc aura pitié de moi ?

FLEHltG.

Ah ! cherchons, cherchons, milord... peut-être y

CATHERINE HOWARD

a-t-il un moyen de nous conserver, à vous le bonheur, à moi la vie.

BTHELWOOD.

11 y en a un.

Un?

Hasardeux!

N'importe.

Désespéré!.

Dites.

fleming.

ETHBtWOOD.

FLEMING

ETBELWOO».

FLEMING

ETBILWOO».

C'est moi que le roi a chargé d'aller chercher Catherine et de Tamener à la cour.

FL1BIHG.

Quand?

Demain.

Ah ! mon Dieu !

BTHELWOOD.

FLEMING

BTHELWOOD.

Il ne faut pas que le roi revoie...

FLEMING

Non, non!... nous serions perdus, car il l'aime déjà!...

ethelwood.

Eh bien ! il faut que cette nuit elle meure !...

FLEMING

Milord, les poisons les plus subtils...

iTBELWooD, le $ai$i$$ant.

Infâme!

FLEMING

Grâce !

' BTHELWOOD.

Il faut qu'elle meure pour le roi et pour le monde! •• mais il faut que pour moi... pour moi seul, elle vive!... entends-tu bien? qu'elle vive! et c'est toi qui me répondras de sa vie.

FLEMING

Tout ce qu'il sera possible à la science humaine de faire, je le ferai.

BTBXLWOOB.

Eh bien ! tu m'as parlé de poisons...

FLEMING

Oui!...

Au lieu d'un breuvage mortel , ne peux-ta m donner une liqueur narcotique?... n'y a-t-il pas des plantes dont le suc arrête le sang dans les vetaes. engourdit le cœur, suspend le cours de la vie?... Le sommeil, dis-moi, ne peut-il pas tellement resseEtbler à la mort , que l'œil le plus défiant s'y méprenne? Voyons, songe, réfléchis.

FLEMING

Milord , cela se peut ; une chronique florentine raconte même que, par un moyen semblable, aae jeune fille de la maison desMontaigu...

ETBELWOO».

Mais, toi, peux-tu composer une liqueur semblable?

FLEMING

Parfaitement.

BTMBLWOOB.

Et répondre de son effet?

FLEMING

Sur ma vie !

ETBELWOO».

Fleming, si tu fais ce que tu promets de faire...

FLEMING

Je le ferai.

BTMBLWOOB.

Tu m'as dit qu'il te fallait de l'or? eh bien! je t'en donnerai, en échange de cette liqueur , plus que le feu de tes fourneaux n'en pourra fondre pendant la durée de toute une année.

FLEMING

Descendons dans mon laboratoire, milord.

BTHELWOOD.

Et dans une heure?

FLEMING

Vous remonterei avec le philtre dont vous avei besoin.

BTBBLWOOD, s'arrêlani sur la dernier* mmrtke.

Un instant, Fleming!... vous m'ares bien compris!... il y va pour vous, dans cette affaire, de U vie et de la mort!...

FLEMING

Ma vie est à votre discrétion, milord.

ETHEtWOO».

Allons!

(11$ deecendeni eneemble. )

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