‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 697 sur 999 · RE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

RE JEUNE FILLE

Dors en paix, notre scear chérie, ta était trop belle pour ce monde; Dieu a vu qu'il lui manquait an ange, et il t'a rappelée ; sans doute en ce moment tu planes déjà au-dessus de nous avec tes ailes blanches et ton auréole d'or, jouis de ta gloire éternelle, et, puisque tu nous aimais sur la terre, protége-nous au ciel.

( Les jeunes filleê jettent de Veau bénite. )

ethelwood, quittant sa place et prenant le rameau

des mains de ta dernière jeune fille.

À mon tour, Catherine, à mon' tour à jeter l'eau sainte sur ton corps glacé. — ( Tout le monde sort du tombeau; Ethelioood reste seul.) Oui, Fleming m'a tenu religieusement parole. Son sommeil est bien le frère jumeau de la mort, et, s'il n'était mon ouvrage, nés yeux eux-mêmes se tromperaient à la ressemblance. Fragilité de l'existence humaine ! quelques gouttes, tirées de certaines plantes, suffisent pour la suspendre; quelques gouttes de plus, elle était éteinte, et l'âme qui étincelait dans ces yeux maintenant fermés, qui vibrait dans cette voix maintenant muette, qui donnait la vie et la pensée à ce corps maintenant immobile et froid, s'envolait alors à jamais, et remontait à la source des choses. Qu'est-elle devenue pendant cette léthargie, qui est plus que le sommeil et qui est moins que la mort? Voltige- telle dans le pays des songes, dort -elle comme une lampe sainte enfermée dans le tabernacle ? est-elle allée heurter à la porte de ce monde

inconnu qu'on appelle l'éternité? et lorsque le

sang recommencera à circuler dans ces veines, lorsque la pensée reviendra animer l'esprit et que cette âmu, exilée un instant, rentrera dans ce corps, comme une reine dans son palais, aura-t-elle mémoire des choses de? ce monde ou des choses du ciel qu'elle aura vues pendant ces deux jours? Oh ! je conçois que l'assassin n'ait pas de remords à la vue de sa victime, car si ce corps faanimé n'est pas heureux, il est bien tranqutHe du moins! — Oh ! Catherine , ne vaudrait-il pas mieux que je me couchasse près de toi dans ce tombeau, que j'en fisse sceller le eouvercle sur nos tètes et que nous dormissions ainsi dans les bras l'an de l'autre jusqu'au jour du réveil éternel, plutôt que de remettre nos jours aux hasards du monde et aux chances de la fortune. Qui sait ce que Dieu garde pour nous, dans sa main, de bonheur ou de calamités, qui sait si un jour tu me béniras ou mejonaudiras de ton réveil ?. . . car il n'y a d'avenir certain que celui de la tombe, et celui-là, pourquoi l'attendre, puisque si facile* ment on peut aller au-devant? Oh ! Catherine! — ( U se baisse et l'embrasse au front.) Dieu!... mon Dieu!.... elle a tressailli, je crois... ma voix a été chercher son Ame jusqu'au fond de son sommeil.

Oh! Catherine, Catherine! reviens à toi, plus de pensées de mort. .. la vie, la vie. . . avec toi heureuse ou malheureuse, dans la joie ou dans le désespoir. . .

Mais, 6 mon Dieu, oh! la vie, la vie! — - (Se

retournant vers la porte du tombeau qui s'ouvre. ) Malheur! qui vient ici?... et comment, imprudent que je suis,, a'ai-je pas fermé celte porte derrière la dernière personne qui est sortie ? — ( Faisant quelques pas vers l'entrée, puis reculant avec effroi. ) Le roi.... le roi ici !.... — (Revenant au tombeau et se courbant sur lui. ) Puissances des ténèbres , faites peser sur ses yeux votre sommeil de fer, et qu'ils ne se rouvrent plutôt jamais que de se rouvrir maintenant*

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