SCÈNE m
CATHERINE , seule, et soulevant un bras qu'elle laisse retomber.
Ah !... mon Dieu !... quel sommeil de plomb!... Il me semble qne je suis attachée à ce lit... et qu'il me sera impossible de me soulever. — (Elle se soulève sur ses mains.) Mes yeux ne peuvent s'ouvrir! — (Portant la main à son front.) Que
mon front est lourd ! — ( Touchant sa couronne blanche.) Tiens , je me suis couchée avec ma couronne. Kennedy, Kennedy... La nuitencore... Oh! j'aurais cru qu'il faisait jour. J'ai froid, moi... J'ai peur! — (Elle descend du tombeau et se laisse presque tomber sur les marches. ) Oh! je suis brisée...
Des marches une lampe! — ( Touchant le
monument. ) Du marbre! — ( Se levant avec effroi. ) Une tombe! —(Marchant et traînant son suaire après elle. ) Un linceul !... monJDieu ! Mais où suis-je donc ? dans un caveau funéraire, au milieu des morts... — (Avec effroi.) Oh! Seigneur, Seigneur Oh ! s'ils allaient soulever la pierre de
leur monument , se réveiller comme moi , descendre de leur tombeau.... pendant que je suis seule ici.... si profondément cachée dans les entrailles de la terre , que l'œil même de Dieu ne peut plus pénétrer jusqu'à moi. — ( Courant à la colonne où est l'ange, la prenant entre ses bras, et trempant sa main dans l'eau bénite.) Ange du sépulcre! ange gardien des morts! protège -moi. — (Après une pause. ) Oh ! mais que m'est-il donc arrivé?... Voyons... Rappelons mes pensées. Tout est calme, tout est tranquille. Je suis folle d'avoir peur. Ethek