‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 708 sur 999 · HE3RI · texte numérisé non relu

HE3RI

J'ai interrogé hier la princesse Marguerite sur ses sentiments à ton égard.

ETHELWOOD.

Elle ne m'aime pas... elle...

Elle V aime.

ETHELWOOD.

Mon Dieu !

HENRI

Cette fois au moins, mon cœur et ma politique seront d'accord. — (Tendant la main à Ethelwood.) Tu seras heureux, Ethelwood, et ton bonheur assurera ma tranquillité ; alors, en laissant, non-seulement un ami, mais un frère, gérant du royaume... je pars sans crainte, car s'il m'arrive malheur, comme la loi m'a autorisé, vu l'illégitimité de la naissance des princesses Marie et Elisabeth , et la faiblesse de la santé du prince Edouard, à me nommer, de ma seule autorité , un successeur, — (Se levant. ) alors , frère , je te laisserai un testament dont le grand chancelier aura le double.

ethelwood.

Sire!...

HENRI

Eh bien!

ETHELWOOD.

Oh ! c'est trop de bonté pour moi... indigne que je suis.

HENRI

Comment?

ETHELWOOD.

Oui, ear je ne puis rien accepter de ce que m'offre Votre Grâce.

HENRI

Heim ! qu'est-ce à dire? milord... vous devenez fou, ce me semble?

ETHELWOOD.

Sire . . . je comprends combien je dois vous paraître ingrat et insensé... mais je ne le puis, sire, je vous le jure... non, je ne le puis.

henri, avec le ton de la menace.

Milord ! . . . vous réfléchirez.

ethelwood, relevant la tête.

Sire, mes réflexions sont faites.

HENRI

Vous refusez la régence du royaume?

ETHELWOOD.

Je suis reconnaissant de l'honneur que veut me faire Votre Grâce... mais je ne puis l'accepter .

HENRI

Vous refuteg la main de la princesse Marguerite?

ETHELWOOD.

J e sais combien peu je devais m'attendre à l'offre d'une pareille alliance... Aussi je me rends justice, en m'en déclarant indigne.

Et vous ne songez pas qu'après l'ami vient le roi, après la prière, Tordre?

ETHELWOOD.

• Sire, au nom de ee que vous avez de plus cher, ayez pitié de moi, sire... sauvez-mot de ma propre

destinée! Votre prière a fait de moi un ingrat

votre ordre en ferait un rebelle.

HENRI

C'est ce que je serais curieux de voir.

ethelwood, s f avançant pour lui prendre la main . Oh ! je supplie Votre Grâce...

henri, le repoueeant.

Arrière, milord !

ethelwood, portant la main à son épée.

Sire!...

HENRI

Prenez-y garde, mon cousin. Vous venez de toucher la garde de votre épée en présence du roi, et c'est crime de haute trahison.

ETHELWOOD.

Mais que faire! 6 mon Dieu!... que faire !...

* HENRI

Milord, nous avoua vu luire autour de notre trône des fortunes plus brillantes que la vôtre, nous avons soufflé dessus, et elles se sont éteiptes.

ETHELWOOD.

Je le sais.

HENRI

Vous êtes marquis de Derby , je crois, n'est-ce pas? oui, duc de Dierham, et puis encore pair d'Angleterre ; vous possédez trois cents villages , habités par dix mille vassaux ; vous êtes riche et puissant parmi les princes... Eh bien ! je puis arracher lambeaux par lambeaux vos titres et votre fortune, et vous jeter à l'orage et à la tempête plus pauvre et plus nu que le mendiant qui s'assied aux portes de mon palais.

ETHELWOOD.

Vous le pouvez.

HENRI

Je puis vous traîner devant la chambre des pain, où vous avez encore votre siège, vous y accuser de haute trahison, oui, de haute trahison, milord, car vous avez porté la main à la garde de votre épée, et cela en notre présence royale.

ETHELWOOD.

Je ne le nierai pas.

HENRI

Et lorsque le jugement de mort aura été pro-

ittft

CATHERINE HOWARD

nonce, vous montrer du doigt Péchafaud deDudlcy, d'Empson et de Gromwell.

JTy monterai.

HEflEI.

Oh! c'en est trop, milord, et nous verrons lequel pliera de nous deux. — ( II fait quelques pas pour sortir. Ethelwood le suit. ) Restez.

ITMBLWOOB.

Sire , je suis encore marquis de Derby , duc de Dierham, pair d'Angleterre, le château où Votre Grâce se trouve en ce moment est à moi; un jugement de la chambre haute ne m'a point encore déclaré traître... Je suis donc toujours votre sujet et votre féal : à ce titre il est de mon droit de vous reconduire jusqu'à la porte où votre suite vous attend, et de mon devoir de vous présenter le genou pour monter à cheval.

■mai.

Venez donc, milord, mais nous vous donnons notre parole royale que c'est la dernière fois que nous vous accordons cet honneur.

(Ils sortent. )

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