‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 720 sur 999 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

CATHERINE, seule.

Va, Henri , va , car de cette heure seulement je suis à toi... Oh ! mon Dieu! mon Dieu ! est-ce que je veille réellement, ou tout ce qui m'arrive n'est-il qu'un rêve?... Qui viendra maintenant me parler de crime et de vertu, à moi que la fièvre dévore, à moi qui vais où le tourbillon m'entraîne, où Dieu veut que j'aille , poussée par un souffle invisible, comme la poussière de la terre, comme le nuage du ciel !... Mais le passé?... le passé, c'est le néant, le présent seul est quelque chose, et Ta venir tout!... Je vis, j'existe , tout ce qui m 'arrive est réel ; que m'importe le reste?... Voilà bien le palais, voilà bien le trône... j'ai le pied sur la première marche; j'y monte, je m'y assieds!.. Oh! si demain j'allais m'éveiller dans ma maison isolée de Aichemont ou sur la tombe du château de Dierham!... Oh! si je suis réellement ce que je crois être, que quelqu'un vienne donc qui me dise que tout cela est vrai, qui reconnaisse ma puissance, qui s'incline devant moi, qui me salue reine.

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