ACTE IV, SCENE VIL
ce que j'ai dit, exprimera le plus petit doute, celuilà donnera un démenti à son roi.
LB FlftSISIHT.
Qu'avez-vous à répondre, madame?
CATHERINE
Oh ! milords, que voulez-vous que je vous dise? que répondre à une parole aussi puissante que celle d'un roi? On ne lotte pas contre réclair et la foudre de Dieu. On ferme les yeux, et Ton attend le coup. On s'incline, et l'on est frappé. Quant à moi, je ne me sens pas la force de repousser une aussi terrible accusation, milords. Jugez donc avec votre clé* mence, plus encore qu'avec votre justice ; ce que vous ferez sera bien fait, et d'avance je vous remercie ou je vous pardonne.
lx Fiisrourr.
La chambre se croit-eHe suffisamment éclairée?
LIS FAIBJ.
Oui , milord , oui , oui.
LE FKÉ8I01HT.
Nous allons délibérer.
SUSSE*
Un instant , milords. Comme ma conscience me défend de prendre part à une délibération dont à l'avance il m'est facile de prévoirie résultat, comme ce résultat sera un jugement mortel, et ce jugement un remords ou une honte pour toute la chambre qui l'aura porté , je dépose à la place où depuis quatre siècles siègent mes aïeux le manteau de pair qu'ils m'ont légué : à compter de cet instant, je ne fais plus partie de la chambre haute et je rentre comme simple spectateur de vos débats dans les rangs du peuple, qui casse les sentences et qui juge les juges. (// dépose son manteau y quitte son siège, et va
s'appuyer but la balustrade qui contient les
assistants. )
KfllI.
C'est bien, monsieur de Sussex; nous acceptons votre démission. Il ne manque pas, Dieu merci, en Angleterre , de nobles chevaliers qui porteront aussi bien que vous les insignes de la pairie. Je me retire pour vous laisser délibérer, messieurs. (Il sort par la porte du fond.)
LE FBBS»XHT.
Faites sortir l'accusée.
CATMEKINE.
Milords , songez que c'est un jugement de vie et de mort que vous allez prononcer contre une reine. Songes qu'il ne lui a été accordé ni appui , ni conseil ; songez enfin que c'est un roi qui accuse ; que c'est une pauvre femme qui se défend ; et que , tandis que vous allez délibérer sur son sort, élk ne pourra rien, elle, que prier Dieu de toucher le cœur de ses juges.
( Elle sort. )