SCÈNE VI
DON JUAN, seul, puis LE BON et LE MAUVAIS ANGE.
DOlt JTJAIf.
Allons, don Juan, voici l'heure ; il s'agit de céder la place ou de la garder, car, Dieu me pardonne! elle était à peu prés prise Tu as cinq
minutes pour (e décider.
(// e'aesied à gauche du spectateur et réftéckù.) li son a if ci, écartant le rideau de la madone, i
gauche du spectateur. J'ai tant prié pour tôt, le front dans la petistière, J'ai tant mouillé de pleurs mon ardente prière, Que le Seigneur m'a dit en se voilant les yeux : Descends, que ta parole en son cœur retentisse, Et jusqu'à ton retour j'enchaîne ma justice, Car je suis le Seigneur miséricordieux.
Et me voilà, mêlant ma lumière à ton < Descendue une fois encor dans ta nuit t Teux-tu revoir le jour? suis mes pas, prends ma main, Laisse-moi te guider par des routes nouvelles,
Et je te prêterai mes ailes
Si tes pieds sont las du chemin.
Car je ne sais encor par quel pouvoir étrange, L'homme à son sort mortel peut enchaîner on ange; Mais je sais que des cieux le séjour enchanté S'il est fermé pour toi, pour moi n'a plus de charmes, Et que mon cœur divin contient assez de larmes, Pour pleurer un mortel pendant l'éternité.
</! dfsm e wmit.) non Juan, se levant.
Oui, oui, je sais bien que la chose est scabreuse, et que peut-être il vaudrait mieux pour mon salut éternel...
(Il s'assied de l'autre côté du théâtre.)
li mauvais Aiwa, apparaissant derrière lui.
N'écoule pas, don Juan, cette voix insensés; Es-tu d'âge à tourner ta joyeuse pensée Vers ce ciel dont toujours les portes s'ouvriront ? Ta vie en est encore à ses heures frivoles.
Tu te rappelleras ces austères paroles, Quand sur ton front ridé tes cheveux blanchiront.
Marche, marche plutôt dans ta p uiss an te voie, Eni?re-toi d'amour, de bonheur et de joie.
Qu'est-ce que ce bonheur que l'on dit éternel, Près de ces voluptés dont tu sais le mystère?
Crois-moi, les heureux de la terre,
Don Juan, sont les élus du ciel .'