‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 773 sur 999 · TÉRÉSINA, DON JUAN · texte numérisé non relu

TÉRÉSINA, DON JUAN

don jtjan, entrant doucement et allant mettre un

genou en terre près de Tèrésina.

Me voilà.

térêsina, avec effroi.

Grand Dieu !

bon jcan, toujours un genou en terre.

Vous êtes ma souveraine, et je suis votre esclave; vous m'avez appelé, je suis venu.... Qu'avez-vous àm'ordonner? t <**,

tèrésina. m >

Oh! rien. (S'apercevant qu'elle est parée des bijoux de don Juan.) Et ces bijoux ! oh ! n'allez pas croire que je voulais les garder... demain matin, Paquita devait vous les rendre , et puisque vous

voilà...

(Elle été le collier.)

DON JEAN

Il est trop tard, Tèrésina, ces bijoux ont une vertu magique ; vous les avez touchés, cela suffit, et s'ils ne vous appartiennent plus, vous leur appartenez encore, vous !....

TÉRÉSINA

Vous les remporterez, n'est-ce pas? oh! je vous supplie...

DON JUAN

Et quand je les aurai remportés, croyez-vous qu'ils seront moins dangereux absents que présents? Non, vous les chercherez des yeux; non, vous porterez la main à votre front et à votre cou, croyant les y trouver ; non, vous les reverrez dans

DON JUAN DE MARINA

tous vous rêves. Vous vous êtes assise sons l'arbre de l'orgueil, Térésina, vous tous êtes endormie sous son ombre : c'est celle du mancenillier.

TtBtsim , mettant ses main$ sur ses oreilles .

Taisez- tous, laisei-vous! vos paroles vibrent dans ma poitrine , comme si elles étaient celles du mauvais esprit...

non jcaw , jouant avec le collier et te faisant étinceler à ses yeux.

Vous ne les avez portés qu'un instant ; eh bien ! avouez, n'est-ce pas qu'ils ont bouleversé tout votre être? n'est-ce pas qu'ils vous ont, comme une parole magique , ouvert la porte de ces jardins enchantés, aux fleurs d'émeraude et aux fruits d'or?... n'est-ce pas que vous avez entrevu Madrid, la ville royale, avec ses sérénades, ses fêtes, ses bals , ses spectacles , ses courses au Prado ?... TiiÊsniA.

Oh! ce fut un instant de folie enivrante, monseigneur , laissez - moi l'oublier : silence ! silence !

DON JIJAIt.

Vous étiez la plus belle de ses femmes , et'loutes les femmes étaient jalouses.

TttfSIKA.

Songe , songe... que tout cela.

DOW JDAFf.

Réalité, réalité... Aime-moi seulement , Térésina , et je te bâtis , sur le mot je faune, un palais à rendre une fée jalouse.

TÉEÉSIHA.

Don Juan , je vous demande grâce ! Laissez-moi , laissez-moi...

©on 1UAH.

térésina , je vous aime , je vous aime , comme jamais je n'aimai aucune femme, comme jamais vous ne fûtes aimée d'aucun homme. Térésiua, je suis riche et puissant... je peux faire de vous quel* que chose de pareil à une reine... Térésina , vous aurez chaque jour de la semaine une parure différente de celle-ci; vous aurei des valets, des pages,

des vassaux , des carrosses armoriés Térésina,

je vous ferai heureuse, faites-moi heureux!... Ttttsni a , tombant à genoux.

Mon Dieu ! ayez pitié de moi; envoyez quelqu'un de vos anges à mon secours , ou sans cela , oh ! mon Dieu! je le sens , je ne pourrai pas supporter cette lutte. ( Don Juan la relève et la tient renversée dans ses bras , fixant ses yeux sur les siens, approchant peu à peu sa bouche du front de Térésina, et enfin y posant ses lèvres* Térésina prèsque évanouie. ) Ah!...

fa««it a , entrant et sortant emssiêùL

Senora, senora, monseigneur don Josée arrive.. . je vais ftrvéter un instant.

TtazsarA , s'a rra oks m t éee brmt de < Oui, va, va!... Don Josée! oh! je merci , mon Dieu , merci !

sauvée.»

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