SCÈNE VIL
DON JUAN, MARTHE, entrant au milieu des ruines.
son JUIN.
Vive Dieu! voilà une manière de voyager dont je n'avais pas d'idée. Cent cinquante lieues en vingt heures ! il paraît que le diable avait quelque course pressée à faire, et que pour ménager ses jambes, il sera entré dans le ventre de' mon cheval. Cent cinquante lieues sans s'arrêter, sans qu'un poil de son corps se mouille, sans que le feu lui sorte par les naseaux et le sang par les yeux!... Oh! il y a magie là -dessous. — (Se retournant et regardant autour de lui.) En tout cas , si mon cheval a fait preuve de vitesse dans la route, il me semble avoir singulièrement manqué de jugement pour le choix de l'auberge. — Tu dois être écrasée de fatigue et mourir de faim, pauvre enfant!... puis, il faut que nous changions de costume, nous ne passerons pas toujours par des montagnes nues et des landes désertes , et si nous ne voulons pas être reconnus ou arrêtés, il faut changer ces habits religieux contre d'autres , quels qu'ils soient. Ce diable de château n'a l'air d'être habité que par les chouettes et les orfraies!... Holà ! quelqu'un ! Il y a un trèsbel écho, mais voilà tout... Écuyers!.... camérières!... Personne... Allons, décidément, je crois que le mieux est de remonter sur le dos d'Ali, et de chercher quelque autre gîte.
HAiTEi, étendant la main.
Attendez !
(Des femmes entrent par la porte à droite > et des valets par la porte à gauche. )
©on JOA1T.
Ah ! il parait que vous avez tout pouvoir en ces lieux, ma belle châtelaine?
MA1THB.
C'est un vieux manoir de famille qui appartenait à ma sœur Inès.
Mil JBÀW.
Charmante propriété ! et dont le châtelain actuel me parait faire les honneurs avec une mervetltauc courtoisie.