ACTE IV, SCÈNE VII
s'est chargée de vous tracer le fond du sujet, je me chargerai, moi, de tous indiquer les détails. .. Oui, je prendrais cette femme innocente et pure entre toutes les femmes, je montrerais son cœur aimant et candide, méconnu par cette société fausse, au cœur usé et corrompu ; je mettrais en opposition avec elle une de ces femmes dont toute la moralité serait l'adresse ; qui ne fuirait pas le danger, parce qu'elle s'est depuis longtemps familiarisée avec lui; qui abuserait de sa faiblesse de femme pour tuer lâchement une réputation de femme , comme un spadassin abuse de sa force pour tuer une existence d'homme; je prouverais enfin que la première des deux qui sera compromise sera la femme honnête, et cela, non point à défaut de vertu*. . mais d'habitude... puis, à la (ace de la société, je demanderais justice entre elles ici-bas, en attendant que Dieu la leur rendit là-haut. — (Silence d'un instant.) Allons, mesdames, c'est assez longtemps causer littérature; la musique vous appelle , en place pour la contredanse.
kucèhb, présentant vivement la main à Adèle.
Madame, aurai-je l'honneur...!
ADÈLE
Je tous rends grâce , monsieur , je ne danserai pas.
( Anton? prend la main d'Eugène et la lui serre. )
MADAME DE CAMPS
Adieu, chère vicomtesse.
LA VICOMTESSE
Comment, vous vous en allez?
MADAME DE CAMPS, s'èloignant.
Je ne resterai certes pas après la scène affreuse....
la vicomtesse, s y éloignant avec elle.
Vous l'avez un peu provoquée, convenez-en.
(Adèle reste seule; Antony la regarde pour savoir
s'il doit rester ou sortir; Adèle lui fait signe
de s'éloigner. )