BÊLE
Par égard pour mon rang, pour ma position sociale.
LA VICOHTE881.
S'ils vous tendent la main, vous embrassent».... voyons...
( Elle l'embrasse. )
ADÈLE
Par pitié, peut-être... par pitié; et c'est une femme qui, en se jouant, le sourire sur les lèvres, laisse tomber sur une autre femme un mot qui déshonore, raccompagne d'un regard doux et affectueux pour savoir s'il entrera bien au cœur, et si le sang rejaillira... infamie... Mais je ne lui ai rien fait à cette femme?
LA VICOMTESSE
Adèle!
ADÈLE
Elle va aller répéter cela partout.. . elle dira que je n'ai point osé la regarder en face, et qu'elle m'a
fait rougir et pleurer Oh! cette fois, elle dira
vrai, car je rougis et je pleure.
„ LA VICOMTESSE
Oh! mon Dieu! calmez- vous; et moi qui suis obligée de vous quitter.
ADÈLE
Oui, votre absence attristerait le bal; allez, Marie, allez.
LA VICOMTESSE
J'avais promis à Eugène de danser avec lui la
première contredanse mais avec lui je ne me
gène pas, la seconde commence. Écoutez, chère Adèle, mon amie, vous ne pouvez entrer maintenant; remettez-vous, et je reviendrai tout à l'heure vous chercher. Puis, après tout, songez que , tout le monde vous abandonnât-il, il vous restera toujours une bonne amie, un peu folle, mais au cœur franc , qui sait qu'elle vaut cent fois moins que vous, mais qui ne vous en aime que cent fois davantage. Allons, embrassez-moi, essuyez vos beaux yeux gonflés de larmes, et revenez vite faire mourir toutes ces femmes de jalousie... Au revoir.... Je vais veiller à ce qu'on ne vienne pas vous troubler.
( Elle sort, Antonjr est entré, pendant ces derniers mots de la vicomtesse, par la porte de côté, et s'est tenu au fond. )