SCÈNE IV
KEAN, ANNA, puis SALOMON.
aima, levant le capuchon de ea momie.
Non, monsieur Kean, c'est moi!
kxan , tombant $ur une chaise.
Ah!...
ANNA
Pardon d'être venue ainsi ; mais , comprenezvous? ce matin, un bruit affreux s'est répandu par la ville, qu'hier, au spectacle, vous aviez été atteint d'un accès de folie... J'ai dit : il n'a pas de mère, il n'a pas de sœur... il n'a personne auprès de lui... J'y vais aller, moi...
KXAN.
Anna ! ah ! je reconnais bien le votre cœur dévoué. Anna , sur mon Dieu ! vous êtes une âme bonne et loyale... ah! vous n'avez pas tremblé, n'est-ce pas, pour votre réputation, pour votre honneur... vous n'avez pas craint qu'on dit que vous étiez ma maîtresse?... vous n'avez écouté que votre cœur... vous êtes venue... tandis qu'elle... C'est bien... parlons de vous, Anna.
Oh! ce n'est donc pas vrai, cette nouvelle?...
KXAN.
Non. Je n'ai pas ce bonheur... un fou... cela doit être bien heureux... cela rit... cela chante... cela ne se souvient de rien !
ANNA
Ah ! maintenant, je partirai donc tranquille, sinon heureuse!
XI AN
Vous pariez? vous quittez Londres?
ANNA
Londres, oh ! ce ne serait point assez ; je quitte l'Angleterre.
KXAN.
Maisétes-vous libre de le faire? et votre tuteur?
ANNA
J'ai atteint ce matin ma majorité, et le premier usage que j'en ai fait a été de signer un engagement avec le correspondant du théâtre de New-York.
KXAN.
Ainsi , rien n'a pu changer votre résolution ; et le tableau que je vous ai fait de cette carrière...
ANNA
Ce tableau était tracé pour la pauvre fille, et non pour la riche héritière. Si cher que coûtent le velours et la soie , pensez-vous , monsieur Kean, que aO,QOO livres sterling de rente suffiront à payer mon costume?