BIEN A
Par qui?
Par le comte.
Grand Dieu !
KBAlt.
BLBHA.
BEA!?.
Il le connaît, n'est-ce pas?
BLBHA.
Sans doute.
EJIAH.
Eh bien?
BLBHA.
Eh bien?
BBAH.
Vous me donniez le conseil de fuir, je suis prêt. Fuirai-je seul?
BLBHA.
Oh! vous êtes insensé, monsieur Kean; non, non, c'est chose impossible ; non , notre amour fut un instant d'égarement, d'erreur, de folie, auquel il ne faut plus songer, et que nous devons oublier nous-mêmes afin que les autres l'oublient.
BBAH.
L'oublier, oh ! vous n'y songez pas, Elena ! Mais quand je m'exilerais , quand je cesserais de vous voir, n'aurais-je pas votre image éternellement sur
mon cœur ou devant mes yeux? n'ai -je pas votre portrait, votre portrait chéri?
BLBHA.
Je viens vous le redemander, Kean.
BBAH.
Vous venez me redemander votre portrait ! votre portrait donné hier, vous venez me le redemander aujourd'hui !
BLEHA.
Mais songez que la raison l'exige ; Kean, vous m'aimez, je le crois, je le sais, mais pensez -tous qu'éloigné de moi, cet amour résistera à l'absence? non, avec votre talent et célèbre comme vous Tètes, les occasions viendront d'elles-mêmes au-devant de vous , vous aimerez une autre femme , et mon portrait , mon portrait qui est en ce moment un souvenir d'amour, ne sera plus alors qu'un trophée de victoire.
BBAH.
Ah ! le voilà , madame ! un pareil soupçon ne laisse aucun moyen de refus ; en amour, qui doute accuse.
BLBHA.
Kean!
BBAH.
Le voilà, je ne l'ai pas gardé longtemps et* personne ne l'a vu, madame, de sorte que si vous en avez promis un autre, vous pouvez vous dispenser de le faire faire, et donner celui-là à la place.
Promis à qui ?
BBAH.
Que sais -je? en échange de quelque éventail, peut-être.
BLEHA.
Kean, Kean ! après ce que j'ai fait pour vous, après ce que je vous ai sacrifié...
BBAH.
Et que m'avez-vous tant sacrifié, madame, si ce n'est votre orgueil, vous? C'est vrai, madame la comtesse de Kœfeld est descendue jusqu'à aimer un comédien , vous avez raison : cet amour était un moment d'erreur, d'égarement, de folie ; mais tranquillisez-vous, madame, l'erreur fut pour moi seul, moi seul fus égaré, moi seul ai été fou ; oh ! oui, fou, et bien fou de croire au dévouement d'une femme ; fou de risquer pour elle mon avenir, ma liberté, ma vie, et cela sur un soupçon de jalousie, tandis que j'étais si ardemment aimé ! Oh! j'avais tort, sang -dieu! j'avais tort, et voilà donc pourquoi, c'était pour entendre ces choses sortir de votre bouche que je vous attendais depuis hier avec tant de mortelles impatiences ! voilà pourquoi mon cœur battait à me briser la poitrine à chaque coup que l'on frappait à cette porte ! Oh !