ACTE V, SCÈNE VI
je les connaissais pourtant bien ces sortes d'amour ; je savais de quelle profondeur et de quelle durée ils sont, et vaniteux, vaniteux que je suis, je m'y suis laissé prendre ï Voilà voire portrait, madame.
ILEITA.
Oh! Kean, ne m'en veuillez point d'avoir plus de raison que vous.
EXAlt.
Plus de raison que moi ! oh ! je vous en défie, madame, et vous venez de faire une cure merveilleuse. Pavais le transport, le délire, quelque chose comme une fièvre cérébrale; vous m'avez appliqué de la glace sur la tête et sur le cœur, je suis guéri. Mais une plus longue absence augmenterait probablement les soupçons du comte , en admettant que cet éventail lui en ait donné ; puis d'un moment à l'autre le constable peut venir pour nTarréter...
BLUTA.
Ah! Kean, Kean, j'aime mieux votre colère que votre ironie. Oh! me quitterez- vous ainsi? est-ce ainsi que vous me direz adieu?
KEAIT.
Madame la comtesse de Kœfeld permettra-t-elle au comédien Kean de lui baiser la main?...
(// s'incline pour baiser la main de la comtesse.) li cohti, dans l'antichambre.
Je vous dis que j'entrerai, monsieur ! .. .
8ALOMOR, de même.
Et je vous dis que vous n'entrerez pas, moi !
ILEITA.
Le comte ! le comte !
Kl AH.
Votre mari... oh ! mais c'est donc une fatalité qui l'amène!... Oh! cachez-vous, Elena, cachezvous ! (Elle va au cabinet d'Anna.) Non, point là, ici, ici ; là du moins personne ne vous verra ; les fenêtres donnent sur la Tamise.
ILEITA.
Un dernier mot , une dernière prière...
KEAIT.
Laquelle ? dites , dites.
ILIïTA.
Mon mari vient vous demander raison, sans doute.
XI AN
Soyez tranquille, madame, le comte me sera sacré. Hier, peut-être eussé-je donné des années de ma vie pour une rencontre avec lui ; mais aujourd'hui soyez tranquille , je ne lui en veux plus.
LI COHTI.
Je vous dis qu'il faut que je le voie !
uah , allant ouvrir la porte.
Qu'est-ce à dire, Salomon? et pourquoi ne laissez-vous pas entrer M. le comte de Kœfeld?
(// entre. Kean referme la porte, et met la clef dans sa poche. )