‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 92 sur 999 · A1IT0HY · texte numérisé non relu

A1IT0HY

Nous n'avons pas une minute à perdre.

ADÈLE

Ma fille!... il faut que j'embrasse ma fille... voistu, c'est un dernier adieu, un adieu éternel. AifToirr.

Oui, oui, va, va.

(77 la pousse.)

ADÈLE

mon Dieu !

Airromr.

Mais qu'as-tu donc?

ADÈLE

Ma fille!... quitter ma fille !... à qui on demandera compte un jour de la faute de sa mère, qui vivra peut-être, mais qui ne vivra plus pour elle... ma fille!... Pauvre enfant! qui croira se présenter pure et innocente au monde , et qui se présentera déshonorée comme sa mère, et par sa mère !

AlfTOllY.

mon Dieu!

ANTONT.

ADÈLE

N'est-ce pas que c'est vrai?... Une tache tombée sur un nom ne s'efface pas ; elle le creuse, elle le ronge, elle le dévore... Oh ! ma fille! ma fille!

AlfTOlfY.

Eh bien! emmenons -la, qu'elle vienne avec nous... Hier encore j'aurais cru ne pouvoir l'aimer cette fille d'un autre... et de toi... Eh bien! elle sera ma fille, mon enfant chéri ; je l'aimerai comme celui... Mais prends-la et partons... prends-la donc, chaque instant te perd... A quoi songes-tu? il va venir, il vient, il est là !...

Oh! malheureuse!... où en suis-je venue, où m'as-tu conduite? Et il n'a fallu que trois mois pour cela !... Un homme me confie son nom... met en moi son bonheur... Sa fille... il l'adore... c'est son espoir de vieillesse... l'être dans lequel il doit se survivre... Tu viens il y a trois mois... mon amour éteint se réveille, je souille le nom qu'il me confie... je brise tout le bonheur qui reposait sur moi... Et ce n'est pas tout encore, non, car ce n'est point assez : je lui enlève l'enfant de son cœur, je déshérite ses vieux jours des caresses de sa fille... et, en échange de son amour... je lui rends honte, malheur et abandon.... Sais-tu, Anton y, que c'est infime?

AlfTOlfY.

Que faire alors?

ADÈLE

Rester.

ANTON T

Et lorsqu'il découvrira tout?

ADÈLE

11 me tuera.

AHToirr.

Te tuer... lui te tuer... toi mourir, moi te perdre... c'est impossible... Tu ne crains donc pas la mort, toi?

ADÈLE

Oh! non... elle réunit...

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