‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 973 sur 999 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

CHERE A, PROTOGÈNE, ANNICS, SABINUS, entre deux licteurs.

pbotoobhb, *' avançant seul.

Salut, maître. Voici Deux enfants que César, pour le temps où nous sommes, Trouve trop disposés à devenir des hommes.

Tous deux ont été pris les armes à la main, Croyant parler encore au vieux peuple romain, Et voulant faire croire à notre plébicula Un mensonge inouï tant il est ridicule , C'est que, quand le blé manque, elle manque de pain, Et que, le pain manquas*, elle mourra de faim... Heureusement la foute a compris l'artifice, Et nous les a remis pour en foire justice. Or le divin César, avant de les juger, Te charge, Cherea, de les interroger, Pesjr que tu saches d'eux si de telles idées D'autres tètes encor ne sont point possédées. Il sait ton dévooment, il compte sur ta foi, Et veut te le prouver.

cbbbba, à part.

Douterait-il de moi?

rioTOQkHB, «sur deux jeunes gens.

Avancez.

(A Ckerea.)

Aussi loin que ton zèle t'emporte, Ne crains rien; des soldats veillent à cette porte, Et moi-même en ce lieu je reste pour savoir Si je n'ai pas de toi quelque ordre à recevoir.

CIBBBA.

Oui, je comprends, c'est bien : que ton zèle funeste Espionne à loisir ma parole et mon geste :

Tous deux ont dès longtemps étudié, croise-moi, La langue qu'il convient de parler devant toi. (Se retournant vers les jeunes gens et les reconnaissant. ) Annius! Sabinus!

a unies.

Nous connaissions naguère Dn certain Cherea renommé dans la guerre, Biais nous ne savions pas qu'infatigable acteur, Il remplit dans la paix l'emploi de quésiteur. Soit.

CBBBBA.

Parmi les emplois que l'empereur dispense, A litre de faveur ou bien de récompense, J'engage mon honneur que, quel que soit le mien , Le soldat n'aura pas honte du citoyen.

AftHlUS.

Que devons-nous penser et de l'un et de l'autre ?

cm sa.

Nos rôles sont tracés, gardons chacun le nôtre, Et, tant qu'il ne plaît pas au sort de le changer, Souvenez-vous que c'est à moi d'interroger.

sabiitos.

C'est vrai, par Jupiter! aussi te répondrai- je Quand lu m'auras offert de m'asseoir.

Prends un siège.

Et d'abord, Annius, quel génie insensé A la rébellion aujourd'hui t'a poussé, Toi, l'héritier d'un nom jusqu'ici plein de gloire?

ARRTW.

C'est qu'il m'est tout à coup venu dans la mimein Que l'un de mes aïeux, fameux par ses vertus. Était mort à Philippe, à coté de Brutus.

CHBBBA.

Et toi, Sabinus?

Bkiînvs, jouant avec sa chaîne d 9 or.

Moi?

CBBBBA.

Réponds.

AffHIOS.

Oui, réponds, frère.

SABINUS

Ma foi, j'ai conspiré, tribun, pour me distraire :

Je suis, depuis huit jours, harcelé par le sort :

Lepidus, le meilleur de mes amis, est mort.

J'ai contre le chagrin au jeu cherché ressource,

Le jeu m'a dévoré jusqu'au cuir de ma bourse.

Pour me foire oublier la perle de mon or,

Ma maîtresse restait comme un dernier trésor,

Je cours chez elle... une heure avant mon arrivée,

L'athlète Sergius me l'avait enlevée!

Le peuple justement quand m'advint cet ennui

En tumulte courait, je courus après lui;

11 criait, avec lui je criai quelque chose,

Comme mort à César, à ce que je suppose,

Et ce fut au moment où je criais plus fort

Qu'on m'a pris; je me suis laissé prendre, et j'eus tort-

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