SOS
▲ ce jeu vous savei, insensés que vous êtes, Que contre l'empereur vous Jouez vos deux tètes.
Airains.
Chacun de nous attend en Joueur résigné :
César les prenne donc, c'est juste, il a gagné.
chnua.
Maintenant faudra-t-il recourir aux supplices Pour vous faire avouer le nom de vos complices?
SABIHOS.
Fais comme tu voudras. *
AHRIVS.
Des complices, tribun, Quant à moi, j'eus longtemps l'espoir d'en trouver un ; Mais l'espoir aujourd'hui n'est qu'un éclair dans l'ombre, Qui brille et disparait, laissant la nuil plus sombre. Cet homme, presque enfant chez les Marses vaincus, Simple décurion, suivit Qermanicus, Puis, du septentrion remontant à l'aurore, Jusqu'à Nicopolis il le suivit encore, Et, revenant enfin en le suivant toujours, Vers les champs désastreux , domaines des vautours, Où blanchirent six ans les os de notre armée, Il creusa de sa main, à vaincre accoulumée, Un de ces grands tombeaux où dorment disparus, Les soldats que César demandait à Varus.
Mais depuis on m'a dit qu'oublieux de sa gloire , Il avait de ce temps perdu toute mémoire , Et que, traître à lui-même, il dépensait ses jours Près d'une courtisane aux banales amours, Dont il ne s'éloignait quelquefois à gran<Tpeine Que pour lécher la main qui nous met à la chaîne ; Ce nom jadis si haut et maintenant si bas, Le connais- tu, tribun?
Je ne le connais pas.
Airains.
Cest bien !... peut-on savoir quel sort tu nous destines ?
CHIEEA.
Vous serez reconduits aux prisons Mamertines , Et là vous attendrez, déplorant votre erreur, Ce que décidera le clément empereur.
SABIKTJ8.
Tribun, si sa clémence était pour la torture , Obtiens que des bourreaux nous sauvions la figure, Afin qu'en descendant demain au sombre lieu Nous ne fassions pas peur à Proserpine... Adieu.