CII1BA
Ceux dont un conjuré bien résolu dispose.
AQUILA
Mais enfin quels sont-ils ?
cmsA.
L'épée et le poignard.
▲QCILA.
Et qui faut-il frapper?
Qui, si ce n'est César ?
AQUILA
Tu vois que sans trembler, ni changer de visage , J'écoute le complot formé par ton courage ; C'est que, plus d'une rois, rêvant la liberté, Un semblable projet à moi s'est présenté , Et, lorsque j'arrivai voilà cinq Jours, à Rome, Si, comme tu le fais en ce moment, un homme S'était, dans un tel but, offert sur mon chemin. Je n'eusse répondu qu'en lui tendant la main ; Mais depuis, détruisant ce projet éphémère, Le hasard amena l'empereur chez ma mère :
Lequel m'a dans sa coupe, après lui, présenté Ce qui restait du vin de l'hospitalité.
Je ne suis point séduit d'une faveur si hante ; Mais de ce jour César est devenu mon hôte; Or, lorsqu'il est conduit, même par le hasard, L'hôte est sacré... Jamais je ne tarai César.
Gaulois! et si pourtant de rompre ton entrave C'est l'unique moyen ?
AQUILA
Je mourrai ton esclave.
cniiA.
Ce sort, contre lequel tu semblés aguerri, Ne t'a donc séparé d'aucun objet chéri?
Et tu n'as donc laissé, Gaulois, dans ta détresse, Loin de toi, ni pays, ni mère, ni maîtresse ?
AQUILA
Tn te trompes, tribun; à l'heure où me voilà ,
Avec ma liberté j'ai perdu tout cela ;
Le sol de mes aïeux, ma province chérie
Que j'aime de l'amour brûlant de la patrie !
Ma mère, qui, de loin attachée à mon sort,
Souffrira mes douleurs et mourra de ma mort!...
Enfin ma fiancée, enfant douce et modeste,
Qui me fut arrachée à cette heure funeste
Où moi-même... oh ! si fait, j'eus trois nobles amours.
Et tous trois, j'en ai peur, sont perdus pour toujours.
Voilà pourquoi j'offrais la moitié de ma vie
A qui m'aurait rendu ma liberté ravie.
CHJtaïA.
Eh bien ! ta liberté, que tu regrettes tant, Ta maîtresse enlevée à ton amour constant.
Ta mère qui t'appelle en son double veuvage, Ton pays, par ta main sauvé de l'esclavage,