SCENE IV
Lu Patcf dbnts, ANNIUS, SABINUS, vêtus d'une tunique noire, le corps ceint d'une corde et couronnés de verveine,
caligula, les voyant entrer.
Changez vos chants de joie en hymnes funéraires; Voici venir, trahis par les destins contraires, Deux Gracches, deux Brulus, frères infortunés ! Qui cinquante ans trop tard par malheur étaient nés, Et pour qui dans nos temps tout n'eût été que doute, S'ils ne m'eussent hier rencontré sur leur route Pour réparer Terreur commise par le sort, En faisant avancer de cinquante ans leur mort !
AIUIIUS.
Et pourquoi faire trêve à vos chansons joyeuses?...
Nos âmes de la mort sont plus ambitieuses
Que les vôtres, à vous, jamais ne le seront
De ces jours, où chaque heure amène son affront!
Quand notre liberté, par le sang reconquise,
Vous laisse au pied l'anneau des chaînes qu'elle brise,
Gardez, sur notre sort loin de vous attendrir,
Vos chants les plus joyeux pour ceux qui vont mourir.
Sur mon Ame, j'éprouve une joie infinie De voir en nos désirs une telle harmonie, El la chose est si vraie, amis, que je vous veux Accorder à chacun le dernier de vos vœux :
Demandez.
8ABIWU8.
Quant à moi, mon âme est satisfaite.
Par curiosité je m'étais rais en tête De voir, avant ma mort, au reste indifférent, Quelle bêle féroce était-ce qu'un tyran ; Je l'ai vue à loisir, et c'est, chose certaine, Un animal qui tient du tigre et de l'hiène.