‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 18 sur 77 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Un Cre^gh (i) et ses suites.

Edouard habitait Tully-Veolan depuis environ six semaines, lorsqu'un matin, sortant pour faire sa promenade accoutumée, il lut frappé du tumulte qui régnait dans toute la maison. Quatre laitières, les jambes nues, tenant chacune à la main leur seau vide, couraient çà et là avec des gestes convulsifs, et ne cessaient pas de faire entendre des cris et des exclamations de surprise, de douleur et de colère. A leur aspect un païen les aurait prises pour un détachement des célèbres Bélides2 échappées à leur supplice. — Dieu nous aide! — Eh, sirs!

(i) On vj voir la véritable signification du mot creogh, que nous traduirons provisoirement par déprédation. — Eu.

(2) Danaïdes, petites-filles de Bélus. — Éd.

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telles étaient toutes les paroles qu'on pouvait leur arracher et qui n'expliquaient nullement la cause de leur désespoir. Waverley se rendit donc clans la cour d'entrée, d'où il aperçut le bailli Macwheeble au milieu de l'avenue, excitant son poney gris. On voyait qu'il avait reçu un message très pressé, et il était accompagné de huit à dix paysans qui n'avaient pas eu beaucoup de peine à le suivre à son pas.

Le bailli était trop affairé et trop plein de son importance pour s'amuser à donner la moindre explication à Edouard ; il demanda M. Saunclerson , qui l'aborda d'un air solennel. Gellatley se faisait distinguer dans les groupes, oisif et insouciant comme Diogène au siège de Sinope. Le moindre événement heureux ou malheureux suffisait pour tirer ses facultés de leur apathie habituelle ; il se mit à sauter et à danser en chantant le refrain d'une ancienne ballade :

Adieu notre richesse.

Mais en passant devant le bailli il reçut de son fouet un avertissement qui lui fit changer ses chants joyeux en lamentations.

Waverley allait entrer dans le jardin, lorsqu'il aperçut le baron arpentant a grands pas la longueur de sa terrasse ; il y avait sur son front comme un nuage d'indignation et d'orgueil blessé; tout indiquait dans sa démarche et dans ses gestes que toute question lui serait pour le moment importune, si même il ne s'en offensait pas. Waverley rentra donc dans la maison sans lui adresser la parole, et se rendit dans la salle du déjeuner, où il trouva sa jeune amie Rose qui, sans exprimer l'indignation du baron, le désespoir des laitières, ni l'importance offensée du bailli, paraissait soucieuse et contrariée. Un seul mot mit Edouard au courant de tout.

—Votre déjeuner, dit-elle, sera un déjeuner troublé, capitaine Waverley. Une bande de caterans a fait une descente cette nuit, et a enlevé toutes nos vaches.

— Une bande de caterans?

— Oui, capitaine, des voleurs des montagnes voisines. Nous

HO WÀVERLEY.

étions préservés de leurs insultes moyennant le black-maiP que mon père payait à Fergus Mac Ivor Vich Ian Yohr ; mais mon père a cru qu'il était indigne d'un homme de sa naissance et de son rang de payer plus long-temps un semblable tribut. Voilà la cause du désastre qui nous est arrivé. Si vous me voyez triste, capitaine, ce n'est pas à cause de la perte que nous avons éprouvée, mais mon père est indigné de cet affront. Il est si téméraire et si bouillant, que je crains qu'il ne veuille essayer de recouvrer ses vaches par la force. En supposant qu'il ne lui arrivât aucun malheur et qu'il ne fût pas blessé lui-même, il pourrait blesser et même tuer quelqu'un de ces hommes sauvages ; alors il n'y aurait plus ni paix ni trêve entre eux et notre famille. Nous n'avons plus comme autrefois les moyens de nous défendre ; le gouvernement a fait enlever toutes nos armes ; et mon père est si imprudent. . . Ah ! grand Dieu ! comment se terminera tout ceci ?

La pauvre Rose n'eut pas la force de continuer, et ses yeux se remplirent de larmes.

Le baron entra, et fit à sa fille une sévère réprimande; Waverley ne l'avait pas encore entendu parler à personne d'un ton aussi dur. — N'avez-vous pas bonté, lui dit-il, de vous montrer si affligée devant quelqu'un pour un objet semblable? On pourrait dire que c'est pour quelques vaches et quelques bœufs que vous pleurez, comme si vous étiez la fille d'un fermier du comté de Chester. Capitaine Waverley, je vous prie de croire que sa douleur provient uniquement de voir que son père soit outragé par de vils maraudeurs qui viendront bientôt ravager ses terres, et qu'il n'ait pas même à sa disposition une demi-douzaine de mousquets pour se défendre ou pour se faire craindre.

Le bailli Macwheeble entra un moment après, et par le rapport qu'il fit sur les armes et les munitions du manoir, il con-

(i) Black-mail , rente ou tribut du voleur, du verbe saxon, devenu celte, to black , blachen , piller, et de mail, rente, tribut. C'est donc en s'éloignant de l'étymologie que les Anglais appellent contribution noire cette taxe, qui était un abonnement fait avec les montagnards. — Ed.

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fîrma la vérité de ce que venait de dire le baron. Il exposa d'un ton de doléance que, quoique tous ses gens fussent disposés à lui obéir, on ne pouvait fonder une grande espérance sur leurs secours. 11 n'y a que vos domestiques , ajouta-t-il , qui aient des pistolets et des épées ; tandis que les déprédateurs qui sont au moins au nombre de douze, sont armés complètement, selon l'usage de leur pays.

Après avoir fait ces pénibles réflexions, il prit une attitude d'accablement muet , branlant d'abord la tète avec l'oscillation d'un pendule qui va cesser de vibrer, et puis il resta toutà-fait immobile et dans le plus profond silence, formant par la projection de son corps un arc plus grand qu'à l'ordinaire.

Cependant le baron , rempli d'indignation, se promenait à grands pas sans prononcer une parole ; il s'arrêta enfin pour contempler un portrait représentant un gentilhomme armé de toutes pièces, et dont le visage était presque entièrement couvert par une forêt de cheveux qui tombaient sur sa poitrine et sur ses épaules. — Capitaine Waverley, dit-il, voilà le portrait de mon grand-père ! avec deux cents chevaux qu'il avait levés sur ses terres il battit et mit en déroute un corps de plus de cinq cents de ces voleurs montagnards qui ont toujours été la pierre d'achoppement et de scandale pour les habitans de la plaine, lapis offensionis et petra scandait : il les battit complètement, dis-je, à une époque où ils eurent la témérité devenir tourmenter cette contrée : c'était pendant les troubles de la guerre civile, l'an de grâce 1642. Et c'est à son petit-fils qu'on ose faire un outrage semblable !...

A ces paroles succéda un silence solennel après lequel chaque membre de cette petite société émit un avis différent, comme il arrive toujours dans ces sortes de circonstances. Alexander ab Alexandro proposa d'envoyer quelqu'un pour composer avec ies caterans. — Je suis assuré , dit-il , qu'ils s'empresseront de restituer les vaches à un dollar par tête. Le bailli s'empressa de faire observer qu'une telle transaction serait un theft-boot, ou composition de félonie ^ et il était plutôt d'avis

(i) Le theft-boot , selon la définition de Blackstone, est le consentement de reprendre le bien volé ou une indemnité , en renonçant à poursuivre le voleur.

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d'envoyer une, fine main dans les glens pour y faire le meilleur marché possible, comme pour soi-même, afin que le laird ne parut pas dans une telle affaire. Edouard proposa de faire venir de la garnison la plus voisine un détachement de soldats avec le warrant 1 d'un magistrat. Rose osa insinuer, mais à voix basse, qu'il vaudrait peut-être mieux payer le tribut arriéré à Fergus Mac Ivor Yich Ian Yohr, qui ferait facilement, comme on le savait, restituer les bestiaux si on se le rendait propice.

Aucune de ces propositions ne satisfit le baron. L'idée de toute composition directe ou indirecte lui paraissait ignominieuse. L'avis de Waverley prouvait seulement qu'il n'avait pas la moindre connaissance des mœurs et des dissensions politiques du pays: — Quant aux arrangemens à prendre avec Fergus Mac Ivor Yich Ian Yohr, dit le baron, je ne consenti, rai pas à lui faire la moindre concession, dût-il faire restituer in inlegrutn toutes les vaches et tous les bœufs que son clan a volés a dater de Malcolm Canniore. Le baron persistait donc à pencher pour la guerre. — Qu'on fasse avertir, dit-il, les lairds Balmawhapple, Killancureit , Tulliellum et tous les lairds du voisinage exposés aux mêmes déprédations. Qu'ils joignent leurs forces aux nôtres pour poursuivre les voleurs, et alors ces nebulones nequissimi* , comme Leslie les appelle , éprouveront le sort de leur prédécesseur Cacus:

Elisos ccidos, et siccum sanguine gultur (3).

Le bailli, qui n'aimait nullement cet avis belliqueux, tira de son gousset une montre de la couleur et presque de la grosseur d'une bassinoire d'étain, et fit observera son maître qu'il était midi passé ; qu'on avait aperçu les caterans au lever du soleil, déjà parvenus au défilé de Ballybrough, et qu'ainsi , avant que ses alliés eussent rassemblé leurs forces, les voleurs seraient en lieu de sûreté au milieu de leurs dé-

(i) Warrant, ordre d'arrêter, signé d'un juge de paix. — Eb.

(2) Mauvais «amenions. — Tu.

(3) Ses yeux sont arrachés, par sa gorge béante A coulé tout son sang. — Ta.

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serts , où il ne serait pas moins inutile que dangereux de les aller chercher.

Il n'y avait rien à répondre à cette observation ; et rassemblée se sépara sans avoir rien décidé, comme il est arrivé plus d'une fois dans des circonstances d'une plus haute importance : il fut seulement convenu que le bailli enverrait ses trois vaches dans la ferme de Tully-Veolan pour les besoins de la famille du baron, et qu'on ferait chez lui usage de petite bière au lieu de lait. Saunderson avait suggéré cet arrangement, et le bailli s'était empressé d'y consentir, d'abord par respect pour la famille de Bradwardine ; en second lieu parce qu'il était bien convaincu que sa courtoisie lui serait payée au décuple.

Le baron sortit pour donner quelques instructions nécessaires, et Waverley saisit cette occasion pour demander à miss Rose si ce Fergus, dont il était impossible de prononcer l'autre nom , était le thief-taker du canton (l'officier chargé d'arrêter les voleurs).

— Le thief-taker ! répondit Rose en riant; c'est un gentilhomme honorable , d'une grande importance ; le chieftain * de la branche indépendante d'un clan puissant des montagnes, est très respecté tant à cause de son propre crédit que de ses amis, parens et alliés.

— Qu'a-t-il donc de commun avec les voleurs? est-il magistrat? est-il de la commission de la paix3?

— Il est bien plutôt de la commission de la guerre... c'est un très mauvais voisin pour ceux qui ne sont pas de ses amis; il a une plus grande suite que d'autres trois fois plus riches que lui. Quant à ses rapports avec les voleurs, je ne puis vous en donner une explication bien claire ; je sais seulement qu'on n'a rien à craindre d'eux, pourvu qu'on paie le black-mail à Yich Ian Vohr.

— Et qu'est-ce que le black-mail ?

(i) Les montagnards sont partagés en tribus ou clans subdivisés en diverses brandies. Chaque clan a son chef; chaque branche son petit-chef, ehieftain.

(>) C'est-à-dire du corps des juges de paix. , nommés par commission du roi. — Éd.

lli WAVERLEY.

— C'est une espèce d'argent de protection que les gentilshommes des basses-terres \ivant près des Highlands paient à un chef des montagnes pour qu'il ne leur fasse lui-même aucun mal, et qu'il empêche les autres de lui en faire. Si l'on vous enlève votre bétail vous n'avez qu'à écrire un mot au chef, et il vous est rendu sur-le-champ , ou bien il fait une incursion dans un autre endroit éloigné où il a une querelle, et il y prend des vaches pour remplacer les vôtres.

— Et cette espèce de Jonathan Wild des Highlands1, dit Waverley, est reçu dans la société ! on lui donne le nom de gentilhomme !

— Oui certes , et tellement que la querelle de mon père avec Fergus Mac Ivor date d'une assemblée de canton où Fergus voulait avoir le pas sur tous les gentilshommes des Lowlands ; mon père fut le seul qui osa lui contester ce droit. Alors Fergus lui reprocha d'être sous sa bannière , et de lui payer tribut. Mon père entra dans une grande colère, car le bailli Macwheeble, qui administre selon ses idées, s'était arrangé pour lui faire un secret de ce black-mail, et l'avait passé et compté parmi les autres taxes. Il y aurait eu un duel ; mais Mac Ivor dit poliment qu'il ne lèverait jamais la main sur une tête à cheveux blancs aussi respectable que celle de mon père... Ah! plût à Dieu qu'ils eussent continué à vivre en bonne intelligence !

— Dites-moi, je vous prie, avez-vous vu quelquefois ce M. Mac Ivor , si c'est là son nom , miss Bradwardine ?

— Non, ce n'est pas son nom ; il se croirait insulté si vous l'appeliez master (monsieur), si ce n'est qu'étant Anglais vous ne pouvez en savoir davantage. Les Lowlanders lui donnent ordinairement le nom de sa terre de Glennaquoich ; mais les Highlanders l'appellent Vich Ian Vohr > c'est-à-dire le fils de Jean-le- Grand2. Quant à nous qui sommes ici sur le revers

(i) Fameux voleur que Fielding choisit pour le héros d'un de ses romans. — Éd.

(2) Les différens surnoms des Highlanders sout en général très peu nomhreux , parce qu'ils sont divisés en grandes/ami//ei ; et quand un étranger, ce qui était rare, entrait dans un clan par mariage, il prenait le nom du clan. Les noms de baptême étant communs à tous, ii ^ ;ivait un grand nomhre de Duucan, de Donald, d'A-

de la montagne, nous lui donnons indistinctement l'un ou l'autre de ces noms.

— Je crains bien de ne jamais pouvoir forcer ma langue anglaise à lui donner l'un ou l'autre.

— Fergus est un homme bien fait et bien élevé , ajouta miss Rose ; sa sœur Flora est une jeune personne accomplie en talens comme en beauté; elle a été élevée en France dans un couvent ; elle était mon amie intime avant cette malheureuse dispute. Cher capitaine Waverley, tâchez d'engager mon père à terminer cette affaire à l'amiable. Je suis bien assurée que nous n'avons encore vu que le commencement de nos embarras. Tully-Veolan n'a jamais été un séjour paisible ou sûr, tant que nous avons été en querelle avec les Highlanders. J'étais à peine dans ma dixième année lorsqu'il y eut un combat derrière la ferme entre une vingtaine de ces hommes et mon père avec ses domestiques. Plusieurs balles vinrent briser les carreaux des fenêtres du côté du nord , tant les combattans étaient près de nous. Trois de ces montagnards furent tués : leurs camarades les enveloppèrent dans leurs plaids, et les déposèrent sur le pavé de la grande salle. Le lendemain leurs femmes et leurs filles arrivèrent , se tordant les mains , pleurant et chantant le coronach 1 ; elles emportèrent les cadavres, précédées par les joueurs de cornemuse. Il me fut impossible de dormir pendant plus de six semaines ; mes oreilles étaient continuellement frappées de ces cris douloureux : j'avais toujours devant les yeux ces cadavres raides et enveloppés dans

lexandre , de Patrick , etc. Il fallait donc distinguer d'une autre manière les individus» ce qui se faisait en ajoutant à leur nom celui de leur père avec son sobriquet, qui désignait le plus souvent la couleur de sa chevelure. Quand le nom du père ne suffisait pas , on ajoutait celui du grand'-père, et puis celui du bisaïeul , etc. Ainsi , un individu du clan de Grant, Donald Grant, avait pour noms patronimiques Donald Bane (Donald-le-Blond) Mao-Oil-Vane (fils de Donald aux cheveux gris) Vic-Oi-Roy (petit-fils de Donald aux cheveux roux) Vie Ian (arrière-petit-fils de Jean). Mais si ce Jean avait été un chef, et que Donald fût descendu de Jean en ligne directe et masculine, il s'appelait tout simplement Mae Ian, fils de Jean, ou Vie Ian, petit-fils de Jean, en supprimant tous les noms intermédiaires, et c'était une qualification de dignité.— Ainsi Fergus s'appelle Vie Ian Vohr, petit-fils de Jean Vohr. La même coutume existait chez les Juifs et en général chez les peuples d'Orient. — Éd. (i) Chant lunèbre, particulier aux Highlands.

leurs tartans l sanglâns. Depuis ce temps un détachement de la garnison du château de Stirling vint avec un warrant du lord justice-clerk2, ou d'un grand dignitaire semblable, pour nous enlever toutes nos armes : comment pourrions-nous repousser maintenant les montagnards s'ils venaient encore nous attaquer en force?

Waverley ne put s'empêcher de tressaillir en entendant lé récit d'événemens qui avaient tant de rapport avec ceux qui l'occupaient dans ses rêveries. Il voyait devant lui une jeune fille , à peine âgée de dix-sept ans , charmante par l'alliance de la beauté et de la douceur, qui avait déjà été témoin de scènes plus extraordinaires que celles que son imagination avait pu évoquer en recourant aux âges reculés. 11 sentit dès ce moment l'aiguillon de la curiosité, qu'un peu de péril rendait encore plus piquant. 11 aurait pu dire avec Malvolio 3 :

— Non , on ne m'accusera plus d'être fou et de me laisser tromper par mon imagination : — me voilà dans le pays des aventures militaires et romanesques ; il ne me manque pour les bien connaître que d'y prendre part. —

Tout ce qu'on venait d'apprendre à Waverley sur les mœurs, les usages et les coutumes du pays où il se trouvait lui paraissait aussi nouveau qu'extraordinaire. Il avait bien entendu parler de voleurs montagnards ; mais il n'avait pas la moindre idée du système réglé de leurs déprédations. Il n'avait jamais soupçonné qu'ils eussent pour complices et pour approbateurs de leur conduite leurs propres chefs qui trouvaient dans ces creaghs ou forays* la facilité d'habituer leurs vassaux au maniement des armés, et de se faire craindre de tous leurs voisins des basses-terres pour en exiger en même temps un certain tribut comme taxe de protection.

(i) Le plaid, ou tartan, est aussi le nom de l'étoffe du costume highlandais. — En.

(a) Le lordjuslice-dcrk est le second magistrat de nom , et le premier de fait , à la. cour suprême de justice criminelle d'Jicosse (court of justiciury) , qui se compose du lord justice-général (qui n'est que nominal), du lord juslice-clcrl; ( ou lord juge en second), et de cinq lords commissaires. — Ko.

(3) Personnage comique de Shakspcare. — En.

(4) Forajr signifie, comme crengh , pillage, excursiou pour piller. — Lo,

Le bailli Macwheeble , qui venait d'arriver, entra dans de plus amples détails sur cette matière. La conversation du digne bailli se ressentait tellement de la profession qu'il exerçait, qu'il fit dire un jour à Gellatley que ses discours ressemblaient à un ordre de payer'1 . Il certifia à notre héros que de temps immémorial « tous ces voleurs illégaux , coquins et « bandits des Highlands , avaient fait une association com- « m une, en raison de leurs surnoms, pour commettre les dite vers vols , larcins et pillages sur les honnêtes habitans du « bas pays , où ils enlevaient non-seulement leur avoir en ar- « gent , blé , bestiaux , chevaux , bœufs et vaches , troupeaux « et mobilier, etc. ; mais encore faisant des prisonniers, ran- « çonnant, concussionnant , exigeant des cautions; et les- « quelles violences sont directement prohibées dans divers « articles du Livre des Statuts, par l'acte de 1567 et autres « actes à l'appui. Lesquels statuts , avec tout ce qui y a rap- « port , ont été honteusement violés et vilipendés par lesdits « maraudeurs, voleurs et bandits associés pour lesdites en- « ireprises de vols, pillages, incendies, meurtres, raptus mu- « lierum , ou enlèvement forcé des femmes , et autres méfaits « ci-dessus désignés2. »

Tout ce que Waverley venait d'entendre lui paraissait un songe ; il ne pouvait concevoir que ces actes de violence fussent si fréquens qu'on en parlât comme d'une chose ordinaire ; et que pour voir les lieux où ces scènes d'horreur se passaient, il n'était pas nécessaire de traverser les mers, mais qu'il suffisait de faire quelques milles dans une partie de l'île, ailleurs si bien policée, de la Grande-Bretagne.

(i) To a charge ofhorning signifie littéralement : un ordre de payer, sous peine d'être proclamé rebelle à son de trompe. — Éd.

(2) L'auteur, pour justifier l'expression de Davie Gellatley, met ici dans la bouche du bailli le texte d'une proclamation contre les Highlanders. — En.

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