CHAPITRE XXXI
Interrogatoire.
Le major Melville de Cairnvreckan , vieux gentilhomme qui avait passé sa jeunesse dans la carrière des armes, reçut M. Morton avec cordialité, et le prisonnier avec une politesse que les circonstances équivoques dans lesquelles était Edouard rendaient froide et gênée.
S'étant informé de la blessure du maréchal et voyant qu'il en était quitte pour la peur, et que le prévenu avait été forcé de se défendre, il termina cette affaire en faisant remettre entre ses mains par Waverley une petite somme au profit du blessé.
— Je désirerais bien sincèrement, dit-il à Waverley, que tous mes devoirs fussent finis là ; mais je suis obligé de vous
Uî WAVERLEY.
demander quel est le motif qui vous fait voyager dans ce pays
par les temps malheureux où nous sommes.
Ebenezer Cruickshanks s'approcha du magistrat pour lui faire part des soupçons qu'il avait conçus d'après la réserve de Waverley et sur la manière dont Callum Beg avait éludé ses questions. — Son cheval, ajouta-t-il, appartenait à Vich Ian Vohr ; il le savait, mais n'avait pas osé le dire en face au premier guide d'Edouard, de peur d'avoir quelque nuit sa maison brûlée sur sa tête, par cette infernale bande des Mac Ivor. Il conclut par faire valoir le service important qu'il avait rendu à l'Eglise ainsi qu'au gouvernement, en arrêtant avec l'assistance de Dieu ( dit-il modestement ) ce délinquant suspect et formidable. Il ne dissimula pas son espoir d'être un jour récompensé, et indemnisé à l'instant de la perte de son temps et même de sa réputation de sainteté après avoir voyagé pour des affaires d'Etat le jour de jeûne.
A cela le major Melville répondit avec beaucoup de gravité : — Que loin de prétendre au moindre mérite dans cette affaire, M. Cruickshanks devrait plaider pour être dispensé d'une grosse amende qui pourrait lui être infligée en punition d'avoir, au mépris d'une proclamation récente, négligé de déclarer au plus prochain magistrat l'étranger descendu à son auberge ; et que puisque M. Cruickshanks se targuait tant de sa religion et de sa fidélité politique, il n'attribuerait point à la malveillance une telle conduite ; mais qu'il supposerait seulement que son zèle pour l'Eglise et l'Etat s'était laissé endormir par l'occasion de faire payer double à un voyageur le louage d'un cheval. Néanmoins comme il se reconnaissait incompétent pour prononcer seul sur un délit de cette nature, il se réservait d'en rendre compte à la session du trimestre prochain 1. — Ici notre histoire ne dit plus rien de l'homme du Chandelier, qui se retira chez lui mécontent et confus.
Le major Melville ordonna à tous les villageois de rentrer chez eux, excepté deux qui remplissaient les fonctions de comptables, à qui il dit d'attendre en bas. Il ne resta dans
(r) Au syuode jnovim i.il. — Ed.
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l'appartement que M. Morton, que le major invita à demeurer, une espèce de facteur faisant le rôle de greffier, et Waverley lui-même. Après un silence pénible et embarrassant, le major Melville ayant examiné les traits du jeune prévenu d'un air plein de compassion, en jetant de temps en temps les yeux sur un papier qu'il tenait à la main, lui demanda son nom.
— Edouard Waverley.
— Je m'en doutais Capitaine du — de dragons, neveu
de sir Everard Waverley de Waverley-Honour ?
— C'est moi
— Jeune homme , je suis bien fâché que ce pénible devoir me soit tombé en partage.
— Major Melville, le devoir n'a pas besoin d'excuses.
— Vous avez raison : permettez-moi donc de vous demander de quelle manière vous avez employé votre temps depuis que vous avez obtenu la permission de vous absenter de votre régiment.
— Avant de répondre à cette question générale, permettez-moi de vous demander à mon tour de quoi je suis accusé, et quelle autorité m'impose l'obligation de répondre à vos questions.
— L'accusation dirigée contre vous, j'ai regret de le dire, monsieur Waverley, est de la nature la plus grave et compromet votre caractère et comme citoyen et comme militaire. Vous êtes accusé d'avoir semé l'esprit de rébellion parmi les hommes placés sous votre commandement, et de leur avoir donné l'exemple de la désertion en prolongeant arbitrairement votre congé, au mépris des ordres réitérés de votre
colonel Vous êtes accusé de haute trahison en prenant
les armes contre votre roi On ne saurait se rendre coupable de crimes plus grands.
— Quelle autorité m'ordonne de répondre à de semblables calomnies?
— Une autorité que vous ne pouvez récuser , et à laquelle je ne puis, moi, désobéir.
Le major Melville lui remit entre les mains un warrant ou
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mandat d'arrêt de la cour criminelle suprême d'Ecosse, en bonne forme, contre Edouard Waverley, esquire , suspecté de pratiques de trahison et autres crimes et délits.
L'élonnement dont Edouard fut frappé à cette lecture parut au major Melville une preuve qu'il se reconnaissait coupable, tandis que M. Morton le regarda comme l'expression de l'innocence injustement accusée. Il y avait quelque chose de vrai dans ces deux conjectures. Quoique Edouard se sentit innocent des crimes qu'on lui imputait, en jetant un coup d'œil rapide sur sa conduite, il ne pouvait se dissimuler qu'il lui serait bien difficile de se justifier pleinement.
— C'est un des actes les plus pénibles de cette pénible affaire , reprit le major Melville après une pause , et lorsqu'il s'agit d'une accusation aussi grave, mais je suis forcé de vous inviter à me communiquer tous vos papiers.
— Vous allez les voir tous , répondit Edouard en mettant son portefeuille et ses memoranda ou cahiers de notes sur la table ; il n'y a qu'une pièce que je vous prierai de ne point examiner.
— Je crains de ne pouvoir condescendre à faire aucune exception.
— En ce cas, monsieur, lisez-la; mais comme je crois qu'elle ne peut vous être d'aucune utilité, j'ose espérer que vous me la rendrez.
11 tira de son sein la lettre qu'il avait reçue le matin , et la présenta dans son enveloppe. Le major la lut en silence , et donna l'ordre à son greffier d'en faire une copie. 11 inséra cette copie dans l'enveloppe, la mit sur la table, et rendit l'original à Waverley d'un air grave et triste.
Après avoir donné au prisonnier (car notre héros l'était) le temps de recueillir ses idées, le major Melville reprit son interrogatoire en disant que puisque M. Waverley semblait se refuser i^des questions générales, il se réduirait à une information spéciale. Il procéda donc à ses fonctions , et dicta au scribe la substance de ses demandes et réponses.
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— M. Waverley connaissait-il un nommé Humphry Hougthon, sous-officier clans les dragons de G — ?
— Je le connais très bien; il était brigadier dans ma compagnie, et fils d'un des fermiers de mon oncle.
— C'est très bien. N'avait-il pas votre confiance et une grande influence sur ses camarades ?
— Je n'ai jamais eu besoin d'un pareil homme pour confident. Je faisais cas du brigadier Hougthon comme d'un sousofficier intelligent et actif; je crois qu'il était à cause de cela plus estimé de ses camarades.
— Vous avez souvent employé cet homme pour communiquer avec les jeunes gens que vous aviez recrutés à Waverley-Honour?
— Je n'en disconviens pas. Ces pauvres diables, incorporés dans un régiment presque entièrement composé d'Ecossais et d'Irlandais, s'adressaient à moi pour tous leurs besoins; il était tout naturel qu'ils prissent pour interprète leur brigadier, qui était leur compatriote.
— "Vous convenez donc qu'il avait la plus grande influence sur les recrues que vous aviez amenées?
— J'en conviens ; mais qu'a de commun, je vous prie, cette particularité avec ce dont il s'agit en ce moment?
— Je vais vous le dire : je vous prie de mettre dans vos réponses la plus grande franchise. Depuis que vous avez quitté le régiment n'avez-vous entretenu aucune correspondance directe ou indirecte avec le brigadier Hougthon?
— Moi , entretenir correspondance avec un homme de ce rang! Et pourquoi , je vous prie, ou dans quelle intention l'aurais-je fait ?
— C'est ce que vous allez avoir la bonté de m'expliquer. Ne luiavez-vous donné aucune commission de livres?
— A cet égard je me rappelle lui avoir donné une commission insignifiante, et cela parce que mon domestique ne savait pas lire. Je le chargeai d'emballer quelques livres dont je lui faisais passer la liste, et de me les adresser à Tully-Veolan.
; — De quelle nature étaient ces livres?
— C'était en grande partie des ouvrages de littérature, et ils devaient servir aux lectures d'une jeune dame.
— Parmi ces ouvrages de littérature n'y avait-il pas des pamphlets et des traités politiques contraires au gouvernement ?
— Il s'y trouvait, je l'avoue, quelques traités sur la politique ; mais je les ai à peine regardés. Ils m'avaient été adressés par un ami affectueux , dont le cœur vaut mieux que l'esprit et la sagacité politique : ces écrits semblaient être des productions fort insipides.
— Cet ami est sans doute un M. Pembroke, prêtre non assermenté , l'auteur de deux manuscrits trouvés dans vos malles ?
— Je vous jure, foi de gentilhomme, que je n'en ai jamais lu six pages.
— Je ne suis pas votre juge, monsieur Waverley ; vos réponses seront transmises à qui de droit. Connaissez-vous le nommé Wily Will, ou Will Ruthven ?
— "Je n'avais pas encore entendu prononcer ce nom.
— Ne vous êtes-vous jamais servi de son intermédiaire pour engager le brigadier Humphry Hougthon à déserter avec ses camarades, afin de venir se joindre aux Highlanders et autres rebelles qui viennent de prendre les armes sous les ordres du jeune Prétendant?
— J'ose vous assurer sur mon honneur que non-seulement je n'ai point participé à ce complot, mais que je ne voudrais, pour aucun prince au monde, ni pour obtenir un trône moi-même, me rendre coupable d'une perfidie semblable.
— Cependant , monsieur, en examinant cette enveloppe écrite par un de ces gentilshommes égarés, et les vers qu'il vous a adressés, je ne puis m'empêcher de trouver une analogie entre les exploits du capitaine Wogan et les faits dont on vous accuse. L'auteur de la lettre vous le propose pour modèle.
Waverley fut frappé de cette coïncidence ; cependant il représenta que les désirs ou les espérances de la personne qui
lui avait écrit ne pouvaient être regardés comme preuve d'une accusation d'ailleurs chimérique.
— Je sais de la manière la plus positive, dit le major, que pendant votre absence du régiment vous n'avez pas quitté le château de ce chieftain des Highlands ou celui de M. Bradwardine, qui est aussi en armes pour cette malheureuse cause.
— Je ne disconviens pas d'avoir habité chez eux ; mais j'affirme sur mon honneur que je ne connaissais nullement leurs projets contre le gouvernement.
— J'ose espérer, monsieur, que vous ne nierez pas que vous avez suivi votre hôte Glennaquoich au rendez-vous où, sous prétexte d'une grande chasse, la plupart des complices de sa trahison s'étaient réunis pour se concerter sur les mesures à prendre.
— Je ne nie pas de m'être trouvé à ce rendez-vous ; mais je soutiens que je n'y ai rien vu ni entendu qui pût me faire soupçonner qu'ils eussent le projet dont vous parlez.
— Ne partîtes-vous pas de ce rendez-vous avec Glennaquoich et une partie de son clan, pour aller joindre l'armée du jeune Prétendant? Après lui avoir fait votre cour, vous revîntes pour armer et discipliner le reste de ses hommes, et les réunir aux autres en marche vers le sud.
— Je n'ai jamais fait de voyages semblables avec Glennaquoich ; je n'ai jamais entendu dire que la personne que vous venez de nommer fût dans le pays.
Waverley raconta dans le plus grand détail l'accident qui lui était arrivé à cette chasse ; il ajouta qu'à son retour il avait appris sa destitution, et qu'alors pour la première fois il avait cru apercevoir parmi les Highlanders des symptômes qui paraissaient indiquer qu'ils songeaient à prendre, les armes ; que n'ayant pas le moindre projet de se joindre à eux, et rien ne le retenant en Ecosse, il était parti pour son pays natal, d'après les ordres de ses parens. Il pria le major de lire les lettres qui étaient sur la table. — Le major fit droit à sa demande, et lut les lettres de sir Richard, de sir Everard et de la tante Rachel ; mais il n'en tira pas les conséquences auxquelles Wa-
verley s'attendait. Elles respiraient le mécontentement et parlaient de vengeance; et celle où la pauvre tante Rachelse déclarait ouvertement pour la légitimité de la cause des Stuarts semblait contenir l'aveu formel de ce que les autres n'indiquaient qu'obscurément.
— M. Waverley, dit le major, permettez-moi de vous faire une autre question. N'avez- vous pas reçu plusieurs lettres de votre colonel qui vous enjoignait de revenir à votre poste, et qui vous informait qu'on se servait de votre nom pour propager l'esprit de désertion parmi vos soldats?
— Non, monsieur le major ; mon colonel m'a écrit une première fois de la manière la plus honnête et la plus amicale, pour m'inviter à ne pas passer tout le temps de ma permission à Bradwardine; mais c'était selon moi, je l'avoue, une chose dont il n'avait pas le droit de se mêler.... Enfin je reçus une seconde lettre du colonel G*** le jour même où la gazette m'apprenait ma destitution. Il m'ordonnait positivement de rejoindre mon régiment; mais à cause de l'absence dont je parlais tout à l'heure, c'était un ordre qui me parvenait trop tard... S'il m'a écrit d'autres lettres dans l'intervalle, et l'estime que mérite le colonel G*** rend cette supposition probable, je ne les ai pas reçues.
— J'ai oublié , monsieur Waverley, de vous faire part d'une circonstance qui, quoique moins importante, vous a cependant fait beaucoup de tort aux yeux du public. On a dit qu'un toast de rébellion fut porté devant vous, et que quoique officier au service de Sa Majesté, vous souffrîtes qu'un tiers demandât raison de cette insulte... Les tribunaux ne pourront vous faire un crime de votre conduite; mais si, comme on me l'a dit, les officiers de votre régiment vous ont demandé une explication sur cette affaire, je suis étonné qu'en votre double qualité de gentilhomme et de militaire, vous ne vous soyez pas fait un devoir de répondre à leur désir.
C'en était trop pour Edouard. Accablé sous le poids d'une masse d'accusations où les mensonges se mêlaient aux vérités de manière à ne pouvoir les distinguer; se voyant seul, sans
amis, dans un pays étranger, il crut toucher au dernier moment de son honneur et de sa vie. Il appuya douloureusement sa tète sur sa main, bien décidé à ne plus répondre aux questions qu'on pourrait lui faire, puisque sa candeur et sa franchise n'avaient servi qu'à fournir des armes contre lui. t Le major, sans éprouver de surprise ni de trouble, continua tranquillement son interrogatoire.
— Que me sert de vous répondre ? lui dit Edouard d'une voix étouffée; vous paraissez persuadé que je suis coupable, et mes réponses ne font que vous confirmer dans votre persuasion : jouissez de votre triomphe, et cessez de me tourmenter. Si je suis coupable de l'infâme lâcheté et de l'horrible perfidie dont vous m'accusez, je ne mérite pas que vous ajoutiez la moindre foi à tout ce que je puis vous dire ; je me repose sur celui qui lit au fond des cœurs : ma conscience ne me reproche rien. Je vous le répète, je ne vois pas pourquoi je continuerais à vous prêter des armes pour triompher de mon innocence : ne vous donnez donc plus la peine de m'interroger, je ne vous répondrais pas. En disant ces mots, il reprit l'attitude d'un homme décidé à se taire.
— Permettez-moi, lui dit le magistrat, de vous donner une raison qui pourrait vous engager à un aveu franc et sans réserve. L'inexpérience de la jeunesse, monsieur Waverley, la livre aux pièges de tout homme plus politique et plus artificieux. Un de vos amis du moins ( je veux parler de Mac Ivor de Glennaquoich ) est au premier rang dans cette seconde classe, comme votre candeur apparente, votre jeunesse et votre ignorance des mœurs des Highlands me persuaderaient que vous êtes de la première. Dans ce cas, une fausse démarche, une erreur comme la vôtre, que je m'estimerais heureux de trouver involontaire, peuvent s'excuser, et je m'offre volontiers comme intercesseur; mais comme vous devez être au courant de la force réelle, des moyens de réussite et des plans de ceux qui ont pris les armes dans ces contrées, j'ose espérer que vous mériterez ma médiation dans cette affaire par un aveu de tout ce que vous savez sur cet objet. Je croirais alors
pouvoir vous promettre qu'une courte détention serait la seule peine que vous subiriez pour la part que vous auriez prise clans ces malheureuses intrigues.
Waverley ayant écouté très attentivement jusqu'au bout cette longue exhortation, se leva de sa chaise avec une énergie qu'il n'avait pas encore montrée depuis qu'on l'interrogeait.
— Monsieur le major, reprit-il, jusqu'à présent j'ai répondu à vos questions avec franchise, ou refusé d'y satisfaire avec modération, parce qu'il s'agissait de moi seul; mais puisque vous m'estimez assez peu pour me croire capable de remplir le rôle de dénonciateur contre des personnes qui m'ont donné l'hospitalité, quelle que soit leur conduite politique, je vous déclare que je regarde cette invitation comme plus injurieuse que vos soupçons calomnieux; et puisque dans ma cruelle position je n'ai d'autre moyen de prouver mon juste ressentiment contre vos insinuations qu'en les bravant, je vous déclare que vous m'arracherez le cœur plutôt qu'une seule syllabe sur des sujets dont je n'ai pu rien apprendre que dans la confiance d'une hospitalité sans réserve.
M. Morton et le major se regardèrent ; et le premier, qui dans le cours de l'interrogatoire avait toussé plusieurs fois, eut recours à sa tabatière et à son mouchoir.
— Monsieur Waverley, dit le major, l'emploi que je remplis me défend également de vous faire la moindre injure ni d'en recevoir de votre part : je terminerai donc une discussion qui semblerait nous y exposer l'un ou l'autre. Je me vois obligé à regret de signer un mandat de détention contre vous ; mais ma maison vous servira de prison... Je craindrais d'essuyer un refus en vous invitant à partager notre souper. — ( Edouard fit un signe de tête pour refuser. ) — Je vous ferai porter des rafraîchissemens dans votre appartement.
Edouard le salua, et sortit sous la garde des officiers de justice, qui le conduisirent dans une petite chambre très propre. 11 refusa toute espère de nourriture, et se jeta sur son lit, accablé sous le poids du chagrin et de la fatigue.
Il tomba bientôt dans un profond sommeil, contre sa propre
attente ; mais on dit des sauvages de l'Amérique du nord que lorsque dans le cours de leurs tortures ils obtiennent la moindre interruption de souffrance, ils s'endorment jusqu'à ce que l'application du feu vienne les réveiller.