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Oeuvres

j^^AVIER de Maistre naquit en 1763 d'une famille originaire du Languedoc, établie en Savoie depuis un siècle. Son père, le comte François-Xavier, président du Sénat et conservateur des apanages des princes, jouissait d'une haute réputation de science et de vertu ; lorsqu'il mourut, le deuil fut général ; on eût dit une calamité publique. Sa mère, Christine de Motz, était « un ange à qui Dieu avait prêté un corps » : le mot est de Joseph de Maistre. Dix enfants, cinq fils et cinq filles, leur avaient fait une couronne d'honneur z« circuitu inensae sicut novellae olivariim i. L'aîné, Joseph, — de qui le cardinal Pie a pu dire en chaire : « Homme du monde, il fut une des lumières de l'Église ; et notre siècle n'a point vu se lever d'autre génie comparable à ce génie chrétien 2», — l'aîné entra, comme son père, dans la magistrature ; le second fut appelé au sacerdoce ; les trois autres: Xavier, Nicolas et Victor embrassèrent la carrière des armes.

Dans son Cours familier de littéraUire, Lamartine a fait des lieux où s'écoula leur enfance une description charmante.

« En voyageant en Savoie, dit-il, et en visitant un ami qui était le neveu des de Maistre, alors justement estimés, mais encore ignorés de la gloire, je tombai, par accident, dans le nid champêtre qui avait vu naître cette couvée d'hommes extraordinaires. C'était une de ces maisonnettes (demeure ordinaire des gentilshommes peu opulents de la Savoie) en général carrées et basses, que rien ne distingue trop des maisons de la petite bourgeoisie, qu'une ou deux tourelles qui flanquent les angles et qui ressemblent plus à des colombiers

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