Livre au vent des hivers ses feuillages flétris; i
Sans regrets, sans espoir, avancer dans la vie
Comme un vaisseau qui dort sur une onde assoupie ;
Sentirson âme, usée en impuissant effort,
Se ronger lentement sous la rouille du sort ;
Penser sans découvrir, aspirer sans atteindre, i3o
Briller sans éclairer, et pâlir sans s'éteindre :
Hélas ! tel est mon sort et celui des humains.
Psos pères ont passé par les mêmes chemins ;
Chargés du même sort, nos fils prendront nos places ;
Ceux qui ne sont pas nés y trouveront leurs traces. i35
Tout s'use, tout périt, tout passe ; mais, hélas 1
Excepté les mortels, rien ne change ici-bas.
Toi qui rendais la force à mon âme affligée, Esprit consolateur, que ta voix est changée !
Il 4. Prête à. V. XIII, 67 (note). — Qu'elle ignore : dont elle ne connaît pas la Traie nature, où elle ne sait ce qui l'attend.