‹ Oevres choisiesChapitre 132 sur 288 · Écurils brilla:its de l'air. Cf. XX., 22 et la notfl · texte numérisé non relu

Écurils brilla:its de l'air. Cf. XX., 22 et la notfl

J'aimasse à contempler une vague ccumante 4^

Crouler sur mon esquif en ruine fumante

Et m'emporter au loin sur son dos triomphant,

Comme un lion qui joue avec un faible enfant !

Plus je fus malheureux, plus tu me fus sacrée 1

Plus l'homme s'éloigna de mon âme ulcérée, 5o

Plus dans la solitude, asile du malheur.

Ta voix consolatrice enchanta ma douleur!

Et maintenant encore... à cette heure dernière...

Tout ce que je regrette en fermant ma paupière,

C'est le rayon brillant du soleil du midi 55

Oui se réfléchira sur mon marbre attiédi i

« Oui, seul, déshérité des biens que l'âme espère,

Tu me ferais encore un Eden de la terre.

Et je pourrais, heureux de ta seule beauté.

Me créer dans ton sein ma propre éternité ! 6»

Pourvu que, dans les yeux d'un autre être, mon âme

Réfléchît seulement son extase et sa flamme,

Comme toi-même ici lu réfléchis ton Dieu,

Je pourrais... Mais j'expire... Arrête... encore adieu !

Adieu, soleils flottants dans l'azur de l'espace ! 05

Jours rayonnants de feux, nuits touchantes de grâce !

Du soir et du matin ondoyantes lueurs !

Forêts où de l'aurore ctincellent les pleurs!

Sommets brillants des monts où la nuit s'cv^aporc 1

Nuages expirants, qu'un dernier ravon dore ! 7»

Arbres qui balancez d'harmonieux rameaux !

Bruits enchantés des airs, soupirs, plaintes des eaux !

Ondes de l'Océan, sans repos, sans rivages.

Vomissant, dévorant l'écume de vos plages !

45. Contempler, avec un infinitif pour complcmcnt, par analogie avec \o verbe voir.

b-j. Seul. Quoique je sois seul et privé d'espérance.

C3-6i. Dieu, adieu. V. II, 25-26 (note).

Cg. S'évapore. La nuit, sonil)re et opaque aux Qancs de la montagne, dciricnt claire et vaporeuse autour de la cime.

•jti. Vomissant, dévorant: vomissant et dévorant tour à tour.

HAROLD MOURANT ili

Voiles, grâces des eaux qui fuyez sur la mer!

Tempête où le jour brille et meurt avec l'éclair !

Vagues qui, vous gonflant comme un sein qui respire,

Embrassez mollement le sable ou le navire !

Harmonieux concerts de tous les éléments !

Bruit, silence, repos, parfums, ravissements! 80

Nature enfin, adieu !... Ma voix en vain t'implore,

Et tu l'évanouis au regard qui t'adore.

Mais la mort de plus près va réunir à loi

Et ce corps, et ces sens, et ce qui pense en moi.

Et, les rendant aux flots, à l'air, à la lumière, 85

Avec tes éléments confondre ma poussière... »

86. Entendez : mêler à tes divers éléments les atomes qui constituent ma poussière. — Cf. Byron : « Ah ! lorsqu'un jour 1 àme sera entièrement affranchie de cette forme odieuse, ... lorsque les éléments se réuniront aux éléments semblables, et que la poussière ne sera plus que la poussière, ne verrai-je pas réellement, sans en ètro ébloui, tout ce que je crois voir maintenant, les esprits aériens, la pensée incorporelle, et le génie de chaque lieu dont parfois je partage déjà 1 immortelle existence? Les montagnes, les vagues et les cieus ne sont-ils pas une partie de mon nme. comme je suis une partie deux-mêmes?... » (Jiar., IH, i.xxiv-i.xxv). On peut rapprocher Manjred, a. I, se. II : « Adieu, voûtes célestes... vous n'étiez point faites pour moi. Terre,, je te rends ces atomes 1 »

h^Hymne du matin fut écrit à Florence, en avril 1826. « Je crois, disait Lamartine, que j'ai fait comme le garçon charpentier le chefd œuvre qu'il doit prendre pour son enseigne. » (^Correspondance, t. II, p. 332.)

Pourquoi bondissez-vous sur la plage écumante, ^ a^ues dont aucun vent n'a creusé les sillons? Pourquoi secouez-vous voire écume fumante En légers tourbillons ?

Pourqvioi balancez-vous vos fronts que l'aube essuie, 5

Forêts qui tressaillez avant Ibcure du bruit? ,

Pourquoi de vos rameaux répandez-vous en pluie Ces pleurs silencieux dont vous baigna la nuit?

Pourquoi relevez-vous, ô fleurs, vos pleins calices, Comme un front incliné que relève l'amour? 10

Pourquoi dans l'ombre humide exhaler ces prémices Des parfums qu'aspire le jour?

Ah! renfermez-les encore,

Gardez-les, fleurs que j'adore,

Pour l'haleine de l'aurore, id

Fi. Que l'aube essuie. Ces mots doivent être pris dans un sens général. Au ■dcLul de l'hymne, l'aiiLe n'a pas encore paru.

Pour l'ornement du sain) liou !

Le ciel de pleurs vous inonde,

L'œil du malin vous féconde,

Vous êtes l'encens du monde

Qu'il fait remontera Dieu. lo

Vous qui des ouragans laissiez flotter l'empire Et dont l'ombre des nuits endoniiait le courroux, Sur l'onde qui gémit, sur l'iierbe qui soupire,

Aquilons, autans, zéphyre.

Pourquoi vous éveillez-vous ? a5

Va vous qui reposez sous la fcnillée obscure, Qui vous a réveillés dans vos nids de verdure ?

Oiseaux des ondes ou des bois, - ^

Hôtes des sillons ou des toits,

Pourquoi confondez-vous vos voix 3o

Dans ce vaûfue et confus murmure

Qui meurt et renaît à la fois Comme un soupir de la nature ?

voix qui nagez dans le bleu firmament,

Voix qui roulez sur le flot écumant, 3j

Voix qui volez sur les ailes du vent,

Cbantres des airs que l'instinct seul éveille,

Joyeux concerts, léger gazouillement,

Plaintes, accords, tendre roucoulement,

Qui chantez-vous pendant que tout sommeille? 4o

La nuit a-t-elle une oreille

Digne de ce chœur charmant )

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