I.NTUODLLTION XIX
une nouvelle saison; elle ne vient pas. Piientôt il la sait malade et mourante. La poésie jaillit en lui avec les larmes. 11 écrit alors ; le Lac (Aix, d^Mô septembre), r Immortalité, adressée à Julie mourante pour affermir en elle l'espérance, le Temple; puis, après la mort de Julie, survenue en décembre 4817, une série de poésies où s'expriment successivement la souffrance aiguë, l'apaisement douloureux, les révoltes du désespoir, les consolations de la raison et de la foi : le Crucifix, Apparition, l'Isolement, le Désespoir, la Foi.
Ainsi naît un grand poète! La douleur, tombant dans une âme médiocre ou mal préparée, nesauraity créer le génie. Mais Lamartine avait travaillé, s'était essayé et corrigé quinze ans: il était prêt. Quel que soit l'avenir, que la sérénité succède au trouble passionné, la tristesse virile aux illusions enthousiastes de la jeunesse, la conviction paisible aux doutes et au désespoir même, la voix qui chante en lui ne se taira plus : elle exprimera l'une après l'autre toutes les fortes et simples émotions d'une vie d'homme.
DES ^fÉDITATIOyS AUX HARMOMES
Entre la mort de Julie (18 décembre 1817) et la publication des Méditations, plus (h; deux ans s'écoulent, pendant lesquels Lamartine achève de prendre conscience de son originalité. Trois séjours à Paris (automne 48-18, hiver 1819, hiver 18Î0), de longs mois solitaires à Miliy et à Montculot, un court passage à Aix et chez Virieu. voilà pour l'activité extérieure. Pour le travail, il s'y remet presque tout de suite : Saiil est achevé le 1='' mai ISiS. Puis de nouvelles méditations, d'inspiration religieuse ou philosophique, s'ajoutent à celles qu'avait fait naître le souvenir de Julie. En avril 1819, Lamartine en fait tirer uno à quelques exemplaires « pour voir l'effet que fontses vers imiirimés ». En mars 1820, il se décide à publier son volume.
Il faut se représenter les Méditations poétiques telles qu'elles parurent, ce i3 mars 1820. sans nom d'auteur, précédées seulement d'un court Avertissement de iM. de Oenoude. Elles contenaient vingt quatre pièces, dans l'ordre suivant : L Llsolemcnl. 11. L'IIommc. 111. Le Soir. IV. L'Immortalité. V. Le Val-