‹ Oevres choisiesChapitre 148 sur 288 · Les signes : la série des nombres · texte numérisé non relu

Les signes : la série des nombres

Les siècles, accusant leur alphabet stérile,

De ces astres sans fin n'ont noniuic qu'un sur mille ; 70

Que dis- je? aux bords des cieux, ils n'on vu qu'ondoyer

Les mourantes lueurs de ce lointain foyer :

Là l'antique Orion, dés nuits perçant les voiles,

Dont Job a le premier nommé les sept étoiles ;

Le navire fendant l'éther silencieux, j5

Le bouvier dont le char se traîne dans les cieux, *^ ' ^^^''^^^'-^^

La lyre aux cordes d'or, le cygne aux blanches ailes,

Le coursier qui du ciel tire des étincelles,

La balance inclinant son bassin incertain,

Les blonds cheveux livrés au souffle du matin, , 80

Le bélier, le taureau, l'aigle, le sagittaire, ^Cf*f.i.^-ic^<*>'^

Tout ce que les pasteurs contemplaient sur la terre,

Tout ce que les héros voulaient éterniser,

Tout ce que les amants ont pu diviniser,

Transporté dans le ciel par de touchants emblèmes, 85

N'a pu donner des noms à ces brillants systèmes.

Les cieux pour les mortels sont un livre entr'ouvert,

Ligne à ligne à leurs yeux par la nature oITcrt;

Chaque siècle avec peine en déchilIVc une page,

Et dit : Ici finit ce magnifique ouvrage ! ^ 90

Mais sans cesse le doigt du céleste écrivain

Tourne un feuillet de plus de ce livre divin.

Et l'œil voit, ébloui par ces brillants nivstères,

Etinceler sans fin de plus beaux caraclères.

Que dis-je? à chaque veille, un sage audacieux gS

Dans l'espace sans bords s'ouvre de nouveaux cieux :

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