‹ Oevres choisiesChapitre 149 sur 288 · Sans fin : innombrables · texte numérisé non relu

Sans fin : innombrables

78. Orion ou le Chasseur. La plus belle des constellations visibles dans nos pays. Elle est nommée deux fois dans le Livre de Job (IX, 9 ; XXXVIII, 3i).

75. Le Navire ou Argo, le Bouvier, la Lyre, le Cygne, le Cheval ou Pégase, la. Balance, le Bélier, le Taureau, l'Aigle, le Sagittaire: autres constellations, citées à peu près au hasard. Les cheveux sont la Chevelure de Bérénice. — A l'origine de chacun de ces noms est une légende. L'imagination du poète leur restitue leur sens propre et lire de là une peinture singulièrement pittoresque et animée de la voûte céleste.

86. Entendez : n'a pas suffi à donner des noms à tous ces brillants sys-

mes.

J3i HARMONIES POÉTipUES Eï RELIGIEUSES

Depuis que le cristal qui rapproche les mondes

Perce du vaste élher les distances profondes,

El porte le regard, dans l'inlini perdu,

Jusqu'où l'œil du calcul recule confondu, !• ■

Les cieux se sont ouverts comme une voùle sombre

Qui laisse en se brisant évanouir son ombre;

Ses feux, multipliés plus que l'atome errant

Qu'éclaire du soleil un rayon transparent.

Séparés ou groupés, par couches, par étages, io5

En vagues, en écume, ont inondé ses plages.

Si nombreux, si pressés, que notre œil ébloui,

Qui poursuit dans l'espace un astre évanoui.

Voit cent fois, dans le champ qu'embrasse sa paupière,

Des mondes circuler en torrents de poussière! no

Plus loin sont ces lueurs que prirent nos aïeux

Pour les gouttes du lait qui nourrissait les dieux;

Ils ne se trompaient pas : ces perles de lumière,

Qui de la nuit lointaine ont blanchi la carrière,

Sont des astres futurs, des germes enflammés ii5

Que la main toujours pleine a pour les temps semés,

Et que l'esprit de Dieu, sous ses ailes fécondes.

De son ombre de feu couve au berceau des mondes.

C'est de là que prenant leur vol au jour écrit.

Comme un aiglon nouveau qui s'échappe du nid, 120

Ils commencent sans guide et décrivent ^ans trace

L'ellipse radieuse au milieu de l'espace.

Et YCîiit, brisant du choc un astre à son déclin,

Renouveler des cieux toujours à leur malin.

loî. Évanouir, pour s'évanouir. V. I, 26 (note). — Son ombre : l'ombre qu'elle interposait entre nos regards et le ciel.

io3. L'atome errant. Les grain,, de poussière qui flottent dans un rayon de soleil.

108. Entendez: lorsqu'il cherche à retrouver dans l'espace un astre qui lui a échappé.

Page 1