L'Océan des âges. Cf. Vil, à
LES HEVOLUTIONS 173
S'élever et crouler comme deux sombres murs ;
Quand le maître a brouillé les nœuds nombreux qu'il file,
Sur la plaine sans borne il se croit immobile
Entre deux abîmes obscurs. 290
« C'est toujours, se dlt-il dans son cœur plein de doute, Même onde que je vois, même bruit que j'écoule; Le flot que j'ai franchi revient pour me bercer; A les compter en vain mon esprit se consume, C'est toujours de la vague, et toujours de l'écume : 290-
Les jours flottent sans avancer ! »
Et les jours et les flots semblent ainsi renaître, Trop pareils pour que l'œil puisse les reconnaître, Et le regard trompé s'use en les regardant ; Et l'homme, que toujours leur re^^semblance abuse. Zoo
Les brouille, les confond, les gourmande et t'accuse, Seigneur !... Ils marchent cependant !
Et quand sur cette mer, las de chercher sa route. Du firmament splendide il explore la voûte. Des astres inconnus s'y lèvent à ses yeux ; 3o5
Et, moins triste, aux parfums qui soufflent des rivage?. Au jour tiède et doré qui glisse des cordages. Il sent qu'il a changé de cieux.
Nous donc, si le sol tremble au vieux toit de nos pères, Ensevelissons-nous sous des cendres si chères, 3io
288. Brouillé lesnœnds. Entendez : quanti le capitaine, après de nombreux et longs détours, ne par\ùent plus à s'orienter.