‹ Oevres choisiesChapitre 212 sur 288 · Feuille. V. X\VII, 68 (note · texte numérisé non relu

Feuille. V. X\VII, 68 (note

l'j-2 JÛCLLYN

Les oiseaux qu'il a pris en leur jetant du grain,

Et les clievreuils privés qui mangent clans sa main :

Car, soit par préférence ou soit par "habitude, 65

Tous ces doux compagnons de notre solitude,

Biches de la montagne, élans, oiseaux des bois,

Accourent à sa vue et volent à sa Aoix.

Nous mangeons sur la main ce que le jour nous donne,

Le lait, les simples mets que la joie assaisonne ; 5o

jNous mordons tour à tour à des fruits inconnus,

Ou pour nous abreuver nous en pressons le jus;

Pour les mortes saisons nous mettons en réserve

Ceux que le soleil sèche et que le temps conserve.

A chaque invention de l'un l'autre applaudit ; 55

On prévoit, on combine, on se trompe, et l'on rit ;

Dans ces mille eritreliens le long soir se consume ;

Sur le foyer dormant le dernier tison fume,

Et souvent dans le lac, miroir de notre nuit,

Nous voyons se lever l'étoile de minuit : 60

Alors nous nous mettons à genoux sur la pierre,

Yers la fenêtre où flotte un reste de Jumière,

D'où Laurence, inclinant son iront grave et pieux,

Sur la croix du tombeau jette souvent les yeux ;

Et quand, après avoir béni cette journée 65

Que nous rendons à Dieu comme il nous l'a donnée,

Après avoir prié pour que d'autres soleils

Nous ramènent demain, toujours, des jours pareils,

Après avoir offert nos vœux pour ceux qui vivent,

Au souvenir des moris nos prières arrivent, 70

Laurence, en répondant aux versets, bien des fois

A, malgré ses efforts, des larmes dans la voix,

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