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17. Toise. Ancietone mesure de longueur, valant à peu près 2 mètres.

LA PAROISSE DE JOCELYiN t!il7

Et pendant le printemps, qui n'est qu'un court sourire,

Enivre de ses fleurs le vent qui les respire.

Des monts tout blancs de neige encadrent l'horizon,

Comme un mur de cristal de ma haute prison,

Et, quand leurs pics sereins sont sortis des tempêtes, 2j

Laissent voir un pan bleu de ciel pur sur nos tôles.

On n'entend d'autre bruit, dans cet isolement,

Que quelques voix d'enlants, ou quelque bêlement

De génisse ou de chèvre au ravin descendues,

Dont le pas fait tinter les cloches suspendues ; 3o

Les sons entrecoupes du nocturne Angélus,

Que le père et l'enfant écoulent les fronts nus,

Et le sourd ronflement des cascades d'écume,

Auquel, en l'oubliant, l'oreille s'accoutume.

Et qui semble, fondu dans ces bruits du désert, 3â

La basse sans repos d'un éternel concert.

Les maisons, au liasard sous les arbres perchées.

En groupes de hameaux sont partout épanchées,

Semblent avoir poussé, sans plans et sans dessein.

Sur la terre, avec l'arbre et le roc de son sein ;

Les pauvres habitants, dispersés dans l'espace, io

Ne s'y disputent pas le soleil et la place,

Et chacun sous son chêne, au plus près de son champ,

A sa porte au matin et son mur au courbant.

Des sentiers où des bœufs le lourd sabot s'aiguise

Mènent de l'une à l'autre, et de là vers l'église, dj

Dont depuis deux cents ans à tous ces pieds humains

Le baptême et la mort ont frayé les chemins.

Elle s'.élève seule au bout du cimetière Avec ses murs épais et bas, verdis de lierre,

2Ç). Génisse. V. XXIX, 197 (note).

33. D'écume équivaut à un adjectif: écumantes. V. VI, (49 (note).

34. En l'oubliant : en sorte qu'elle l'oublie. 35< Désert. W. I. 34 (note).

43. Malin : levant (comme aurore ailleurs, cf. I, as). Rapprocher v. ni,: au jour du matin.

40. Tt>us ces pieds liumains. Elliptique : les pieds de tous les humains de es villaiie.

El ses ronces grimpant en crliclle, en feston, 5o -

Jusqu'au clianine moussu qui lui sert de Ironlon. 9

On ne poiil distinguer celte clianmicrc sainte

Qu'au plus grand abandon du petit champ d'enceinte,

Où le sol des tombeaux, par la mort cultivé,

N'oin-e qu'un tertre ou deux tous les ans élevé, 5*

Que recouvrent bientôt la mauve et les orties,

Premières fleurs toujours de nos cendres sorties,

El qu'à l'humble clocher qui surmonte les toits

Et s'ouvre aux quatre vents pour répandre sa voix.

Ma demeure est auprès ; ma maison isolée 6»

Par l'ombre de l'église est au midi voilée,

El les troncs des noyers qui la couvrent du nord

Aux regards des passants en dérobent l'abord.

Des quartiers de granit que nul ciseau ne taille.

Tels que l'onde les roule, en forment la muraille: ©5

Ces blocs irréguliers, noircis par les hivers,

De leur mousse natale y sont encor couverts ;

La joubarbe, la menthe, et ces fleurs parasites

Que la pluie enracine aux parois décrépites,

Y suspendent partout leul-s panaches flottants, 70

Et les font comme un pré reverdir au printemps. :

Trois fenêtres d'en haut, par le toit recouvertes.

Deux au jour du matin, l'autre au couchant, ouvertes,

Se creusant dans le mur comme des nids pareils.

Reçoivent les premiers et les derniers soleils ; 73 ]

Le toit, qui sur les murs déborde d'une toise, j

A pour tuiles des blocs et des pavés d'ardoise, 1

Que d'un rebord vivant le pigeon bleu garnit, j

Et sous les soliveaux Ihirondelle a son nid. |

5o. Feston. Licence, ^our festons. Cf. XXXVI, 2D7 (note).

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