Un joug plus doux. Celui de la monarchie, avant
124- Du tyran de sa gloire. La Révolution est, pour le peuple français, l'époque héroïque par excellence (cf. XXIX, 169, une expvession analogue): c'est dans ce moment de gloire suprême que Bonaparte, exploitant l'orgueil national, lui a imposé sa tyrannie.
128. Le cou (/eionc/irta/. Ces vers rappellent par plus d'un détaU les célèbres ïambes d Auguste Barbier :
... C'était (la France) une cavale indomptable et rebelle,
Sans frein d acier ni rênes d'or ; Une jument sauvage à la croupe rustique.
Fumante encor du sang des rois, Mais fière, et d un pied libre heurtant le sol antique.
Libre pour la première fois...
Tu parus, et sitôt que tu vis son allure.
Ses reins si souples et dispos.
Centaure impétueux, tu pris sa chevelure,
Tu montas l)ollé sur son dos.
Alors, comme el e aimait les ruiiieurs de la guerre,
La pou'îre, les tambours battants, Pour champ de course alors tu lui donnas la terre.
Et des combats pour passe-temps...
(ïambes, l Idole, III).
i3i. E.':lracasé ; en fusion, bouillonnant. Périphrase médiocrement poétique.
210 ^OCELYN
Où les pousbr fjoorlant ce vague entraînement ? i35 f
Pourquoi vont-ils combattre et mourir si gaiement î^
Leur esprit ne sait pas, leur instinct sait d'avance.
Ils vont, comme un boulet, où la force les lance,
Ébranler le présent, démolir le passé,
Eilacer sous ton doigt quehjue empire effacé, id-
Faire place sur terre à quelque destinée
Invisible pour nous, mais pour toi déjà née,
Et que tu vois déjà splendlde, où nos esprits
N'aperçoivent encor que poussière et débris !
Ainsi, Seigneur, tu fais d'un peuple sur la terre i45
L'outil mystérieux de quelque grand mvslère ;
Sans connaître jamais ses' plans sur l'univers,
A la trame des temps travaillant à l'envers,
Les nations, de l'œil à leur insu guidées.
Sont dans la main de Dieu les instruments d'idées ; i" j
Et l'homme, qui ne \o\l que poussière et que sang,
Et qui croit Dieu bien loin, se trompe en maudissant ;
Il ne sait pas, captif dans sa courle pensée,
Que d'une œuvre (inle une autre est commencée,
Et qu'afîn que l'épi divin puisse y germer, l'o
On laboure la terre avant de la semer.
Oh ! que nos jugements sont courts, et feraient rire
Dans le livre de Dieu celui qui saurait lire !
Que nous comprenons peu les dénoùmenls du sort !
Et que souvent la vie est prise pour la mort 1 i6o
La caravane humaine un jour était campée Dans des forcis bordant une rive escarpée,
pourdire qu'il faut fondre des canons. En d'autres termes, une grande nation ne peut se former sans avoir des guerres à soutenir.
187. Leur inslincl sail d'avance. Ils trûvaillent inconsciemment, avec une sorte de pressentiment obscur, à l'œuvre de la Providence V. XXIX, i34 (-.ote).
i4o. Soas ton doigt. Entendez : effacer, en fait, un empire que le doigt de Dieu a déjà marqué pour la destruction.
i48. De l'œil. Elliplique: par l'œil de Dieu.
169. Les dénoùmenls du sort. Entendez: que nous prévoyons mal où le destin conduit les choses humaines!
161. La caravane humaine. Le morceau qui commence ici est d'autant plus
Et, ne pouvant pousser sa route plus avant.
Les clicncs l'abritaient du soleil et du vent ;
Les tentes, aux rameaux enlaçant leurs cordages, i65
Formaient autour des troncs des cités, des \iilnges,
F-t les hommes, épars sur, des gazons épais,
Mangeaient leur pain à l'om.bre et conversaient en paix.
Tout à coup, comme atteints d'une rage insensée.
Ces hommes, se levant à la même pensée, 170
Portent la hache au tronc, font crouler à leurs pieds
Ces dômes, où les nids s'étaient multipliés ;
Et les brutes des bois, sortant de" leurs repaires,
Et les oiseaux, fuyant les cimes séculaires.
Contemplaient la ruine avec un œil d'horreur, 175
Ne comprenaient pas l'œuvre, et maudissaient du cœur
Cette race slupide acharnée à sa perte,
Qui détruit jusqu'au ciel l'ombre qui l'a couverte.
Or, pendant qu'en leur nuit les brutes des forêts
Avaient pitié de l'homme et séchaient de retrels,- 180
L'homme, continuant son ravage sublime.
Avait jeté les troncs 5n arche sur l'abîme ;
Sur l'arbre de ses bords gisant et renverse.
Le fleuve était partout couvert et traversé.
Et, poursuivant en paix son éternel voyage, i85
La caravane avait conquis l'autre rivage.
C'est ainsi que le temps, par Dieu même conduit,
Passe pour avancer sur ce qu'il a délruil.
Esprit saint ! conduis-les, comme un autre Moïse,
Par des chemins de paix à la terre promise !!1... 190
remarquaWe que les « symboles » proprement dits sont cxlrème;nciit r;i dans la poésie de Lamartine. L'idée est la même que dans les lû-volut: (ci-dessus, XXX), à savoir que le progrès humain est toujours le fruit (}>: destruction et de la ruina
i63. I\e pouvant. Sur la construction, v. IV, 129 (note).