Dérision : imitation ridicule, parodie
109. Entendez : un mécanisme vivant qu'une caresse met en branle.
III. Je ne sais quels cieux : une région du ciel réservée aux animaux. Jo- «clvn ne va pas jusqu'à faire une place à son cliien dans le paradis des humains.
lia. Homme ou plante. Sous-cntcndez entre les deux: ou animal.
1 13. La réunir : la reconstituer, en réunissant à noilveau les êtres qui se son! aimés.
117 et suiv. Partout où... Dieu n'éteindra pas plus... Anacoluthe.
121-122. Épaijneul, cercueil. Fausse rime. Cf. XLll, io5-io6.
LES LAi;OLRELUS 2^3
Au hameau de Valneîge, i6 mai 1801.
Quelquefois, dès l'aurore, après le sacrifice,
Ma Bible sous mon bras, quand le ciel est propice,
Je quitte mon église et mes murs jusqu'au soir,
Et je vais par les champs m'cgarer ou m'asseoir,
Sans guide, sans chemin, marchant à l'avcnlure, 5
Comme un livre au hasard feuilletant la nature,
Mais partout recueilli, car j'y trouve en tout lieu
Quelque fragment écrit du vaste nom de Dieu.
Oh ! qui peut lire ainsi les pages du grand livre
iSe doit ni se lasser ni se plaindre de vivre ! 10
La tiède attraction des rayons d'un ciel chaud
Sur les monts ce malin m'avait mené plus haut ;
J'atteienis le sommet d'une rude colline
Ou'un lac baigne à sa base et qu'un 'slacier domine. Et dont les flancs boisés, aux penchants adoucis, S-'^l^ ï5 t ^-^ Sont tachés de sapins par des prés éclaircis. cA-c&'^c^'^ cj^ Tout en haut seulement, des bouquets circulaires De châtaigniers croulants, de chênes séculaires, ,'^'. ' / Découpant sur le ciel leurs dômes dentelés, (?-*t:Z2**<-t-*y^ Lîiilent les vieux murs des donjons crénelés, 20
Rendent le ciel plus bleu par leur contraste sombre, Et couvrent à leurs pieds quelques champs de leur ombre. On voit en se penchant luire entre leurs rameaux Le lac dont les rayons font scintiller les eaux. Et glisser squs le vent la barque à l'aile blanche, 25
Comme une aile d'oiseau passant de branche en branche.
i3. Colline : éminence, mamelon. V. XXXIX, 9.
i5. Adoucis, pour doux. V XV, 6< (note). — Ces « pencliants adoucis » ne s'accordent guère avec la « rude colline » du v. i3. 19. Dômes. Cf. XXVII, 81.
224 JOCEL.YN
Mais plus près, leurs longs bras, sur l'abiinc penchés
Et de l'humide nuit goutte à goutte étanchés, dju*-^'
Laissaient pendre leur feuille et pleuvoir leur rosée
Sur une étroite enceinte au levant exposée, 3o
Et que d'auti-es troncs noirs enfermaient dans leur sein,
Comme un lac de culture en son étroit bassin ; O^-^t^'
J'y pouvais, adossé le coude à leurs racines,
Tout voir, sans être vu, jusqu'au fond des ravines.
Déjà, tout près de moi, j'entendais par moments 35
Monter des pas, des voix et des mugissements :
C'était le paysan de la haute chaumine " ^"^ ''
Qui venait labourer son morceau dé colline,
Avec son soc plaintif traîné par ses bœufs blancs,
Et son mulet portant sa femme et ses enfants ; ho
Et-je pus, en lisant ina Bible QU lajia Uire,
Voir tout le jour la scène et l'écrire à mesure.
Sous rnon crayon distrait le feuillet devint noir.
0 nature, on t'adore encor dans ton miroir.
Laissant souffler ses bœufs, le jeune hornme s'appuie 45
Debout au tronc d'un chêne, et de sa main essuie ,
La sueur du sentier sur son front mâle et doux ; 1
La femme et les enfants tout petits, à genoux Devant les bœufs privés baissant leur corne à terre, Leur cassent des rejets de frêne et de fougère, ''.^^ 5o j
Et jettent devant eux en verdoyants monceaux 1
Les feuilles que leurs mains éniondent des rameaux. k-U*->-Jt^ ' Ils ruminent en paix, pendant que l'ombre obscure Sous le soleil montant se replie à mesure, ex? at-re-^-
28. L'humide nuit : la rosée nocturne. — Etanchés : séchés. Ils lait- ut égoutter peu à peu la rosée dont ils sont couverts.
2{). Feuille. V. XXVII, 68 (note)