Allièdir , -^owv s'attipdir. Cf I, 26 (note
56. Entendez que l'ombre, qui décroit peu à peu, finit par ne plus former qu une étroite bande sombre aus pieds du laboureur.
09, Découpés : dentelés.
61. Avec la feuille : en y laissant les feuilles. Y. XXVII, 68 (note).
62. Voilés, par ce feuillage. — Taureaux. V. XXIX., 197 (note). 65. S équilibre ; s adapte en équilibre.
68. Le guide : guide le mancbe, cest-à-dire, au nioven du manche, l'appareil entier de la charrue. — L'inversion qui précède : sous le coin trancha '.t pour ouvrir le sillon, est un peu forcée. — On trouve une assez s;racieu^e ébauche de toute cette description dans un fragment d églogue intitulé k Pasteur et le Pêcheur et daté de 1826 :
Quand l'aurore exhalant sa matinale haleine ^
Épand les doux parfums dont la vallée est pleine.
Et, faisant incliner le calice des fleurs.
De la nuit sur les prés laisse épancher les pleurs.
Alors que du matin la vive messagère.
L'alouette, quittant son nid dans la fougère,
Et modulant des airs gais comme le réveil.
Monte, plane et gazouille au-devant du soleil.
Saisissant mes taureaux par leur corne glissante.
Je courbe sous le joug leur tête munissante:
Par des nïuds douze fils sur leurs fronts redoublés
J attache au bois poli leurs membres accouplés ;
L anneau brillant d acier au timon les enchaîne ;
J'entrelace à leur joug de longs festons de chêne.
Dont la feuille mobile et les flottants rameaux
De l'ardeur du midi protègent leurs naseaux.
(^Méditaiions, xi\i).
'JiO JOCELYN
0 travail, sainte loi du monde,
Ton mvsière va s'accomjjlir ! 7<»
Pour rendre la globe IV'roude,
De sueur il raut*ranioUir.
L'homme, enfant et fruit de la terre,
Ouvre les flancs de cette mère ,
Où germent les fruits et les fleurs ; 7i
Comme l'enfant mord la mamelle
Pour que le lait monte et ruisselle -'^-^^'<-
Du sein de sa nourrice en pleurs.
La terre, qui se fend sous le soc qu'elle aiguise, i^'"''
En tronçons palpitants s'amoncelle et se brise, ^ 8.»
Et, tout en s'enlr'ouvrant, fume comme une chair
Qui se fend et palpite et fume sous le fer.
En deux monceaux poudreux les ailes la renversent ;
Ses racines à nu, ses herbes se dispersent ;
Ses reptiles, ses vers, par le soc déterrés, 8â
Se tordent sur son sein en tronçons torturés.
L'homme les foule aux pieds, et, secouant le manche,
Enfonce plus avant le glaive qui les tranche ;
Le timon plonge et tremble, et déchire ses doigts ;
La femme parle aux bœuls du geste et de la voix ; g»
Les animaux, courbés sur leur jarret qui plie.
Pèsent de tout leur front sur le joug qui les lie ;
Comme un cœur généieux leurs flancs battent d'ardeur ;
Ils font bondir le sol jusqu'en sa profondeur.
L'homme presse ses pas, la femme suit à peine; 95
Tous au bout du sillon arrivent hors d'haleine;
Ils s'arrêtent: le bœuf rumine, et les enfants
Chassent avec la main les mouches de ses flancs.
73-75. Fruit... fraits. Négligence, peut-être volontaire. 80 Tronçons: les moites Nlélaphore plus hardie que juste. &6. Tor.urés loiiriiKTilés, tordus par la soulTrance. 97. LdbdL-uJ. Collectif.
Il est ouvert, il fume encore
Sur le sol, ce profond dessin 1 !••
0 terre, tu vis tout éclore
Du premier sillon de Ion soin !
Il lut un Éden sans culture,
Mais il semble q^ie la nature,
Clierchant à l'homme un aignilloa, i»5
Ail enfoui pour lui sous terre
Sa destinée et son mystère,
Caciiés dans son premier sillon.
Oh ! le premier jour où la plaine,
S'entr'ouvrant sous sa forte main, »i6
But la sainte sueur Immaine
Et reçut en dépôt le grain !
Pour voir la noble créature
Aider Dieu, servir la nature,
Le ciel ouvert roula son pli ; ni
Les ûbres du sol palpitèrent,
Et les anges surpris chantèrent -
Le second prodige accompli !
Et les hommes ravis lièrent
Au timon les bœufs accouplés ; la»
Et les coteaux multiplièrent
Les grands peuples comme leâ blés ;
Et les villes, ruches trop pleines.
Débordèrent au sein des plaines ;
loo. Ce profond dessin. Le sillon, qui se dessine en crenx sur le soL loy-ioS. Entenflez le mvstère rie la destinée humaine, enfoui pour ninsi dire d'avance à I emlroil ou 1 liomme devait ouvrir le premier sillon de la terre. Les stroplies suivantes eifpli([uent et développent cette idée.
Il 5. Entendez: le ciel s'ouvrit en se repliant comuie une tente qru'oa roule. Cf. XXlll, 71 :
Le ciel se ri'plie Comme un pavillon.
118. Le second prodige. Le premier étant celui de la création. 124. Débordèrent: regorgèrent d habitants, comme les ruches rcorTent d abeilles Cf. XLIII, 157-1 58. ° °
S-ù JOCELYN J) fi ' ' /
Et les vaisseaux, grands alcyons, Cotnnie à leurs nids les hirondelles, Portèrent sur leurs larges ailes Leur nourilure aux nations !
Et, pour consacrer l'héritage
Du champ labouré par leurs mains,
Les bornes flrent le parlagc
De la terre entre les humains;
El l'homme, à tous les dioils propice,
Trouva dans son cœur la justice,
En grava le code en tout lieu,
Et, pour consacrer ses lois même
S'élevant à la loi suprême.
Chercha le juge et trouva Dieu !
Et la famille, enracinée Sur le coteau qu'elle a planté. Refleurit d'année en année, Collcclive immortalité ; El sous sa tutelle chérie JNatjnit l'amour de la patrie, Gland de peuple au soleil germé, ^^ Semence de force et de glo.re.
Qui n'est que la sainte in 'moire Du champ par ses pères semé I
iS5
El les temples de l'Invisible Sortirent des flancs du rocher, Et, par une échelle insens. ble.
L'homme dç Dieu put s'approcher,