l)e la gueule. Elliptique : sortant de la gueule
i8o. Lécher la source. Image peu gracieus^ — Cf. Le Désert (Épîlres et poésies diverses, X.1X) :
Comme un sel que le bouc vient lécher, La caravane boi- la sueur du rocher.
Et, la lèvre collée au granit litiincc lé, Savourent sa fraîcheur et son liuiiii lité.
Oh ! qu'ils boivent dans celte gnuile
L'oubli des pas qu'il laut marcher 1
Seigneur, que chacun sur sa route
Trouve son eau dans le rocher !
Que ta grâce les désaltère !
Tous ceux qui mnrchent sur la terre
Ont soif à quelque heure du jour :
Fais à leur lèvre desséchée
Jaillir de ta source cachée
La goutte de paix et d'amour I
Ah ! tous ont cette eau de leur âme :
Aux uns c'est un sort triouqjhant,
A ceux-ci le cœur d'une feuime,
A ceux-là le front d'un enfant ;
A d'autres l'amitié secrète,
Ou les extases du poète :
Chaque ruche d'iiomme a son miel.
Ah ! livre à leur soif assouvie '" \
Cette eau des sources de la vie !
Mais ma source à moi n'est qu'au ciel.
L'eau d'ici-bas n'a qu'amertume Aux lèvres qui burent l'amour.
Et de la soif qui me consume L'onde n'e4 pas dans ce séjour ; Elle n'est cjue dans ma pensée Vers mon Dieu saris cesse élancée,
rib
187. Les. Syllepse : chacan implique une idée He pluriel. IQO. Cette eau de leur âme. La iiiét.iplmre a quelque cliosc rJe forcé. 199. D'homme est 1 équivalent d un .idjectif : huiu;iinp. V. VI, 4ij (note). — Son miel. Nouvelle métaphore s'inbérant duns la première et la coatrariuul. ao4. L'amour : l'auiour divin.
ao8. Élancée, pour s'élançant.
Llis LABUL i;i:L lis
Dans quelques sanglots de ma voix, Dans ma douceur à la soulTrance ; Et ma goulle à moi d'espérance, C'est dans mes pleurs que je la bois !
Mais le milieu du jour au repas les rappelle : Hs couchent sur le sol le fer ; l'iiommc dételle Du joug tiède et fumant les bœufs, qui vont en paix ai5
Se coucher loin du soc sous un feuillage épais. La mère et les enfants, qu'un peu d'ombre rassemble, Sur l'herbe, autour du père, ass^, rompent ensemble Et se passent entre eux de la main à la main "Les fruits, les œufs durcis, le laitage et le pain ; 220
Et le chien, regardant le \isage du père. Suit d'un œil confiant les miellés cpiil espère. Le repas achevé,, la mère, du berceau Qui repose couché dans un sillon nouveau-. Tire un bel enfant nu qui tend ses rcains vers elle, "aâ
L'enlève, et, suspendu, l'emporte à sa mamelle. L'endort en le berçant du sein sur ses ^enoux, Et s'endort elle-même, un bras sur son époux. Et sous le poids du jour la (amillc sommeille Sur la couche de terre, et le chien seul les veille, aSoi
Et les anges de Dieu d'en haut peuvent les voir, El les songes du ciel sur leurs lêles pleuvoir.
Oh ! dormez so^us le vert nuage
De feuilles qui couvrent ce nid.
Homme, femme, enlanls leur image, a35
Que la loi d'aniour réunit!
320. Laitqgé : fromage. — Dans un « devoir n ft'oroliVr. qu'il est intôrcssanl n toui- ét^.inls dp nipuro'-lu r Hps I ahnureurs, I aiii rtinp. di'peiiinant la jonrnoe fin . \ i-noron et flp" s; 1. iiilllp, pari.-'it (loj.i <h\ « bl,;nc I;.it^ige ù nidilié durci » que Ion étend, à 1 lipiiredn repus, sur des UuutLes dn pain (Couri familier de Lillérature, l" Entretien).
0 famille, abrégé du monde,
Inslinrl qui cliarme et qui féconde
Les fils de l'homme en ce bas lieu,
N'est-ce pas loi qui nous rappelle a4o
Cotk' |)aiL'nté riatornelle
Des enfants dont le père est Dieu ?
Foyer d'amour où cette flamme
Qui circule dans l'univers
Joint le cœur au cœur, l'âme à l'âme, a45
Enchaîne les sexes divers,
Tu resserres et tu relies ^'' u'^
Les générations, les vi^,
Dans ton mystérieux lien ;
Et l'amour, qui du ciel émane, a5o
Des voluptés culte profane,
Devient vertu s'il est le tien !
Dieu te garde et te sanctifie,
L'iionniie te confie à la loi.
Et la nature purifie 255
Ce qui serait impur sans toi.
Sous le toit saint qui te rassemble,
Les regards, les sommeils ensemble
Ne souillent plus ta chastelé,
Et, sans qu'aucun limon s'y mêle, ^'- 260
La source hmnairie renouvelle
Les torrents de l'humanité.
a38. Charme, féconde, pour: charmes, fécondes. V. XV, 3i-33 (note).
a46. Sexes divers n'est pas heureux. — Lamartine avait écrit dabord : les âf/es divers. ' '
25i-25i. Entendez : culte profane, s'il est le culte des voluptés, l'amour devient vertu s'il est le culte de la famille (.-ous la forme de l'amour conjugal).
255. Purifie. P.ir la double consécration du mariage religieux (v. a53)et flu mariage civil (v. 206). Entendez que linstitution de la famille purifie l'amour, qui, sans elle, obéissant à la seule impulsion de la nature, serait impur. — Sur la rime sanctifie, purifie, v. 11, i35-i36 (note).