XXXIV LAMARTINE : ŒU\ I51£S CHOISIES
inégales, de celte poésie nouvelle que Lamartine ne fait encori'. qu'aboi-der et qu'il portera à sa pettVcLion dans les Har- 'jionics. l,e cadre intjine j ujï peu étroit, dos |)aysages deMiliy oujleJ^rnx)s ne^Sjjjn^plus à son imagmalion, emportée par une sorte d'enthousiasme sacré; c'est au plus haut sommet; des monts, c'est dans linsondable profondeur du ciel étoile, i qu'il va désormais chercher Dieu : '
Salut, brillants sommets ! champs de neige et de glace 1 Vous qui d'aucun mortel n'ave/. gar lé la trace. Vous que le regard même aborde avec effroi. Et qui n'avez souffert que les aigles et moi ! Œuvres du premier jour, augustes pyramides Que Dieu même affermit sur vos bases solides. Confins de l'univers, qui depuis ce grand jour N'avez jamais changé de forme et de contour 1 ....
(La Solitude.)
De ces astres brillants, son plus sublime ouvrage, Dieu s&ul connaît le nombre, et la distance, et l'âge : Les uns, déjà vieillis, pâlissent à nos yeux ; D'autres se sont perdus dans la route des cieux ; D'autres, comme des fleurs que son souffle caresse, Lèvent un front riant de grâce et de jeunesse, Et, charmant l'orient de leurs fraîches clartés, Ëtonnent tout à coup l'œil qui les a comptés.
1 (Les Etoiles.)
L'ode à Bonaparte, inspirée par l'ode italienne de Manzoni, et les Préludes comptent parmi les pièces les plus significatives du recueil, en ce qu'elles trahissent chez Lamartine unepréo.ccupalion toute nouvelle de virtuosité. Désormais il se sent, il tient à se montrer un artjste: « La poésie n'était plus pour moi qu'un délassement littéraire, écrira-t-il plus tard, et non sans quelque exagération, à propos des Préludes ; ce n'était jilus le déchirement sonore de mon cœur. J'écrivais encore de I lumps en temps, mais comme poète, non plus comme
'homme J'élais devenu plus habile artiste, je jouais avec
mon instrument. » Non qu'il renonce aux négligences, aux impropriétés, aux défauts de style dont s'accommodait trop souvent sa paresse d'improvisateur: bien qu'il se fût promis de donner « uioins prise à la critique de mots » dans ce second vohuDo rpie dans le premier, les taches de celte nature y sont peut èlre plus noinbreuses, el lui furent vivement reprochées. ToiiU'fois la diversité voulue des inspirations, l'extrême variélé des rylhuies, non sHuliMuent d'une pièce à l'autre, mais au cours d'une même pièce (^Lcs Préludes, Chant