Echappent, pour ; s'échappent. V. 1, 26 (note
Ah ! ce fut là le fond de son amer calice !
Dans la dernière goutte il but tout son supplice.
Dans ce sort à son sort par le trépas lié, io>
Son cœur fort jusque-là s'était multiplié :
Mourir, mais en rendant son souflle à ce qu'il aime,
Laisser quelque saveur à ses angoisses même !
S'en aller embrassés vers un plus doux séjour,
Cette agonie encore eût été de l'amour! n»
Mais n'être plus connu de cet œil fixe et sombre.
Du seuhpoint lumineux qui restât dans son ouibre 1
Ne pouvoir rappeler du regard, de la voix.
Ce rayon dont l'amour l'inondait autrefois!
Frapper de sa parole une oreille de pierre, ii&^
INe trouver qu'un abîme au fond de sa paupière I
Que dis-je ? être soudain devenu pour ses yeux
L'objet le plus étrange et le plus odieux !
La voir tendre les mains afin qu'on l'en déFvre !
Ah ! c'est mourir cent fois par ce qui faisait vivie ! 120
C'est voir le passé même échapper ! c'est sentir
Le cœur où s'appuyait le cœur s'anéantir !
A l'horrible lueur de ce tourment suprême,
Cédar douta de lui, d'elle, de Dieu lui-même ;
Comme un homme qui sent finir tout sentiment, ia>
Son âme eut du néant l'évanouissement.
Il roula dans son gouffre, écrasé sur ses pointes.
Le cou plié, le pied en avant, les mains jointes.
Immobile il resta, contemplant Daïdlia,
Et la mer de douleurs flot à flot l'inonda. i3o
Quand il revint à lui pour marcher vers l'aurore,
Il voulut dans ses bras la soulever encore;
Mais Daïdha, nouant ses doigts comme attachés
Aux maigres filaments d'arbustes desséchés,
Et cramponnée au sol d'une étreinte farouche, i3â
De poussière et de sang se remplissait la bouche;
ii3. flappe/er : faire renaître.