Glèbe ingrate. Le sol de l'Orient
ii4. Apis. Taureau sacré, adoré dans l'antiquité à Memphis. 117. Courbés d'épis. Par analogie avec : chargés d'épis. 119. Pyramidal. Cf. XXVII. 89 (note). *
LA MARSEILLAISE DE LA PAIX -2i^:,.
Allons-y, mais sans perdre un frère dans la marche,
Sans vendre à l'oppresseur un peuple gémissant,
Sans montrer au retour aux yeux du patriarche,
Au lieu d'un fils qu'il aime, une robe de sang ! 3a5
Rapportons-en le blé, l'or, la laine et la soie.
Avec la liberté, fruit qui germe en tout lieu ;
Et tissons de repos, d'alliance et de joie
L'étendard- sympathique où le monde déploie
L'unité, ce blason de Dieu ! ,3o
Roule libre, et grossis tes ondes printanières, Pour écumer d'ivresse autour de tes roseaux : Et que les sept couleurs qui teignent nos bannières, Arc-en-ciel de la paix, serpentent dans tes eaux !
Saint-Point, 28 mai iS/ji.
I2D. De sang. Éqmvant à un adjectif: sanglante. V. VI. dg (note). — Ouand Jes Ireres de Joseph 1 eurent vendu, ils prirent sa robe et la trempèrent dans le sang d un bouc ; puis ils envoyèrent cette robe à leur père et lui firent croire que Joseph avait été dévoré par une béte (éroce {Genèse. XXXVII, 3i et suiv )
i33. Les sept couleurs. Les couleurs des sept grandes nations de l'Europe ' Allemagne, France, Angleterre, Russie. Autriche, Italie, Espagne.
i34. On comparera avec intérêt à ce bel hymne pacifique ïe Toast parié dans un banquet national des Gallois et des Bretons {Recueillements, XIV) où les mêmes idées de fraternité universelle avait été éloqueunnent exprimées par Lamartine, en i838, à propos de la communauté de race des habitants du pays de Galles et de ceux de notre Bretagne. En voici quelques vers :
Reconnaissons-nous donc, ô fils des mêmes pères ! Le sang de nos aïeux là-haut nous avoùra. Que Ihydromel natal écume dans nos verres. Et poussons dans le ciel trois sublimes hourra ! Hourra pour l'Angleterre et ses falaises blanches I Hourra pour la Bretagne aux côtes de granit ! *
Hourra pour le Seigneur, qui rassemble les branches Au tronc d'où tomba le vieux nid !
Que ce cri fraternel gronde sur nos montagnes Comme l'écho joyeux d'un tonnerre de paix ! Que l'Océan le roule entre les deux Bretagnes ! Que le vaisseau l'entende entre ses flancs épais ! Et qu'il fasse tomber dans la mer qui nous bai 'ne. Avec l'orgueil jaloux de nos deux pavillons.
PSALMODIES DE l'aME
Lamartine écrivit la I iijnc et la Maison en iSS^, dans des circonstances qu'il résume lui-même en ces termes :
« Dans les derniers jours de l'automne qui vient de finir, j'allai assister seul aux vendanges d'octobre, dans le petit village du Maçonnais oîi je suis né (a). Pendant que les bandes de joyeux vendangeurs se répondaient d'une colline à l'autre par ces cris de joie prolongés cpii sont les actions de grâce de l'homme an sillon qui le nourrit ou qui l'abreuve, pendant que les sentiers rocailleux du village retentissaient sous le gémissement des roues qui rapportaient, au pas lent des bœufs couronnés de sarments. en feuilles, les grappes rouges aux pressoirs, je me couchai sur l'herbe, à l'ombre de la maison de mon père, en regardant les fenêtres fermées, et je pensai aux jours d'autrefois.
« Ce fut ainsi que ce chant me monta du cœur aux lèvres, et que j'en écrivis les strophes au crayon sur les marges d'un^vieux Pétrarque in-folio, où je les reprends pour les donner ici aux lecteurs. (Cours familier de Littérature. X\^ Entretien.)
On trouve une description de Milly vers cette époque dans le Cours familier de Littérature, GXXXVII« Entretien (i865), xii et suiv. — Rapprocher Milly ou la Terre natale (ci-de?sus, XXIX) et le derniefi thème des Préludes (ci-dessus, XV, v. Soo-S'yi), qui, une trentaine d'années auparavant, étaient sortis de la même inspiration.
L'aigle engraissé de mort dont le bec encor saigne De la chair de nos bataillons !
Dans notre coupe pleine où l'eau du ciel déborde, Désaltérés déjà, buvons aux nations 1 Iles ou continents, que l'onde entoure ou borde, Avez part sous le ciel à nos libations ! Oui, buvons ; et, passant notre coupe à la ronde Aux convives nouveaux du festin éternel. Faisons boire après nous tous les peuples du monde Dans le caÛce fraternel !
Mais Lamartine est né en réalité à Màton. V. hitroductioa.
LA VIG.NE ET LA MAISON 29i