L LAMARTINE : OEUVRES CHOISIES
L'abbo Dumonl. curé d'un village voisin de iMilly', l'émigré Antoir, avec qui Lamartine entra en relations à Florence et qui faisait tousles étés une retraileàTabbaye de Vallombreuse, au sommet des Apennins^, ont fourni les principaux traits du personnage de Jocelyn, prtMre malgré lui. fuyanl l'orage révolulionnaire sur les cimes inaccessibles du Daupliiné. Peul-èiro aussi la gracieuse Camilla. qu'il avait rcMiconlrée Iraveslie en homme dans son premier voyage en Ualie^, fut-elle pour quelcpie ciiose dans le déguisement romanesque de Laurence. Lamartine n"a pas limaginalion dramatique : il invente peu et se contenlc prescpie toujours de dol'ormer, assez gauchement, des circonstances vraies. Il fut sans doute bien aise de trouver toute faite, selon une expression qu'on lui prête, « la petite histoire « qui devait former la trame de son poème: il en utilisa les données, sans se demander si les aventures et le caractère de son héros cadraient ensemble, sans se rendre compte de l'elTet que le man((ue de convenance ou de vraisemblance pouvait produire.
Ce qui frappe, en elTet, et, pour tout dire, ce qui gène, dans Jocclyiu c'est le contraste entre la violente singularité do l'action et la simplicité profonde des sentiments. Considéré du point de vue de l'intrigue, c'est un roman bizarre, invraisemblable, à peine justilié parles temps exceplionueliement tragiques où Lamartine l'a placé. La longue solitude de Jocelyn, toute l'histoire de Laurence, et surtout la scène de la prison, Jocelyn ordonné prêtre contre son gré et sacrifiant son amour à un devoir douteux, pas un épisode qui n'appelle les objec- ^ tiens. Elles s'élevèrent en foule : Lamartine, qui ne les avait,