Concerts. \. I, i6 (note
a66. Sous tes doigts. — i'« version :
Soupirait vers ton Dieu l'hymne de tes douleurs.
Ou si, du sein profond des ombres éternelles,
Comme un ange tombé tu secouais tes ailes,
Et, prenant vers le jour un lumineux essor,
Parmi les chœurs sacrés tu l'essayais encor ;
Jamais, jamais l'écho de la céleste voûte,
Jamais ces harpes d'or que Dieu lui-même écoute,
Jamais des séraphins lès chœurs mélodieux
De plus divins accords n'auraient ravi les cieux !
Courage, enfant déchu d une race divine !
Tu portes sur ton front ta superbe origine ;
Tout homme, en te voyant, reconnaît dans tes yeux
Un rayon éclipsé de la splendeur des cieux !
Roi des chants immortels, reconnais-toi toi-même!
Laisse aux fils de la nuit le doute et le blasphème ;
Dédaigne un faux encens qu'on t'offre de si bas :
La gloire ne peut être où la vertu n'est pas.
Viens reprendre ton rang dans ta splendeur première,
Parmi ces purs enfants de gloire et de lumière.
Que d'un souffle choisi Dieu voulut animer,
Et qu'il fît pour chanter, pour croire et pour aimer !
a68. Comme un ange tombe. Cf. 24 : comme Satan. — Ces vers sont la contre-partie exacte de ceux où Lamartine montrait le poète anglais chantant l'hymne du mal au sein des ténèbres infernales.
280. Le doute cl le blasphème. — i" version : la gloire du blasphème.
28G. Lamartine n'était pas seul, à cette date, à rêver la conversion de Byron : Mme de Rémusat écrivait à son fils Charles, le 11 novembre 1819 : « (Byron) me charme. Je voudrais être jeune et belle, sans liens; je crois que j'irais chercher cet homme, pour tenter de le ramener au bonheur et à la vertu. » — Quant à Lamartine, ses illusions à cet égard, s'il en avait eu, ne furent sans doute pas de longue durée. Son admiration pour celui qu'il n'hésitait pas à déclarer « le plus grand poète lyrique et le plus grand poète épique de tous les modernes» ne se démentit jamais, mais sa réprobation pour son caractère et ses idées ne diminua pas. Voici le jugement sur lequel se termine la Vie de Byron, qu'il fit paraître dans le Constitutionnel, en i865 : a 11 y a des hommes qui trouvent dans ces impassibilités, dans ces blasphèmes, dans ces ironies, le signe d'un esprit supérieur, un sublime et intrépide défi de la nature au sort, à Dieu; nous n'y trouvons qu'un seul défi à la raison.... En résunfé, lord Byron restera dans l'esprit des hommes comme un de ces êtres fantastiques qui semblent créés par la magie plutôt que par la nature, qui éblouissent l'imagination, qui passionnent le cœur, mais qui ne satisfont ni la raison ni la conscience. »